Un rapport de l’Association africaine de l’industrie solaire (AFSIA) présente la situation du solaire sur le continent. Ce document, intitulé « Africa Solar Outlook 2026 », révèle que 13 pays africains tirent désormais plus de 10 % de leur électricité de l’énergie solaire. Par ailleurs, 23 pays produisent au moins 5 % de leur courant à partir de cette source. La République centrafricaine est en tête avec une part de 37,7 %, suivie du Tchad (36,7 %) et de la Somalie (32,4 %). En plus de ces pays, la liste inclut la Sierra Leone (18,1 %), la Namibie (17,7 %), la Mauritanie (16,7 %), les Comores (16,5 %), le Soudan du Sud (13,3 %), le Burkina Faso (11,8 %) et le Malawi (11 %). L’Afrique du Sud, l’Érythrée et le Cap-Vert complètent le groupe des 13 pays dépassant le seuil des 10 %.
Une capacité réelle probablement sous-estimée
Cette progression doit être relativisée par la part globale du continent. L’Afrique ne représente qu’environ 2,6 % des capacités solaires installées dans le monde. Ce chiffre semble faible, alors que le continent concentre environ 60 % des ressources photovoltaïques mondiales. D’autre part, le rythme des nouvelles installations a ralenti en 2025. Cette année-là, 2,4 gigawatts (GW) de nouvelles capacités solaires ont été installées en Afrique. Ce volume représente une baisse de 35 % par rapport aux 3,7 GW installés en 2024. Ces ajouts portent le total officiel des capacités solaires installées à l’échelle continentale à 23,4 GW.
La capacité réelle du parc solaire africain pourrait cependant être plus importante. Les données sur les exportations chinoises de panneaux solaires, la Chine accaparant 90 % du marché mondial, offrent un nouvel éclairage. Depuis 2017, 58,1 GW de panneaux ont été expédiés par la Chine vers les pays africains. En extrapolant les exportations antérieures à cette date, l’AFSIA estime que la capacité totale installée en Afrique pourrait atteindre 63,9 GW. Par conséquent, l’énergie solaire serait en réalité 2,75 fois plus répandue sur le continent que ne le suggéraient les précédentes estimations. Qui plus est, cette nouvelle méthodologie réévalue la part de l’Afrique dans le total mondial, la faisant passer d’une estimation antérieure de 0,7 % à environ 2,6 %.
L’avenir solaire africain lié au développement du stockage
Le futur déploiement du solaire en Afrique est étroitement lié aux solutions de stockage d’énergie par batterie (BESS). Le coût de la conversion de l’énergie solaire diurne en électricité disponible en continu grâce au stockage est désormais d’environ 33 dollars par mégawattheure (MWh). Combiné aux coûts de production, il est possible de fournir de l’électricité solaire 24 heures sur 24 pour un coût total d’environ 76 dollars par MWh. Ce prix est déjà compétitif, et souvent inférieur, à celui de la production à partir de combustibles fossiles dans de nombreux pays, en particulier ceux dépendants des importations. En conséquence, des projets solaires intégrant du stockage sont déjà opérationnels à travers le continent pour alimenter des sites industriels ou de grandes centrales.