La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a condamné, ce vendredi 23 janvier, le journaliste Borhene Bsaies et l’avocate Dalila Msaddek à 15 jours de prison assortis d’une amende, en application du décret-loi n°54 relatif à la lutte contre les infractions liées aux systèmes d’information et de communication.
Cette décision fait suite à des déclarations publiques des deux prévenus concernant le dossier dit de « complot contre la sûreté de l’État », déclarations considérées par la justice comme entrant dans le champ d’application de ce texte controversé, de plus en plus utilisé contre des journalistes, des avocats et des acteurs de la société civile.
Un contexte judiciaire lourd pour Borhene Bsaies
Cette nouvelle condamnation intervient au lendemain d’un autre jugement prononcé à l’encontre de Borhene Bsaies. Jeudi, la chambre criminelle près le tribunal de première instance de Tunis a condamné les journalistes Mourad Zghidi et Borhene Bsaies à trois ans et demi de prison, assortis d’amendes, pour des accusations d’évasion fiscale et d’infractions à caractère financier.
L’accumulation des poursuites judiciaires, notamment sur la base du décret-loi 54, continue de susciter de vives inquiétudes quant à l’état de la liberté d’expression et à l’indépendance du travail journalistique en Tunisie.