Les travaux de la 21ème édition de la conférence annuelle du Corporate Registers Forum (CRF) ont démarré, ce mardi 7 octobre 2025 à Tunis et se poursuivront jusqu’au vendredi prochain. Portée par le RNE, la Conférence est placée sous le thème « Nouveaux défis pour les registres d’entreprises : plus de transparence et d’efficacité ».
L’événement a réuni des dirigeants de registres d’entreprises, des décideurs politiques, des institutions financières et des organisations internationales telles que la Banque mondiale, la CNUCED, l’Office des Nations Unies Contre la Drogue et le Crime, ainsi que d’autres organisations et institutions actives dans des domaines liés aux registres de commerce, en particulier celles œuvrant dans la numérisation et la promotion de la transparence des transactions économiques.
Des représentants des registres de commerce venant de plus plusieurs pays étaient présents à ce rendez-vous pour débattre des enjeux majeurs liés à la modernisation et à la gouvernance des registres du commerce.
L’objectif est de favoriser les échanges stratégiques avec les professionnels et les personnalités clés, partager les meilleures pratiques et sceller des partenariats dans des domaines liés aux registres des entreprises.
Ouvrant les travaux de cet événement, Adel Chouari, directeur général du Registre National des Entreprises s’est félicité du fait que la Tunisie accueille cette rencontre de grande importance susceptible de produire un avantage significatif et une transformation profonde.
Il s’agit, selon lui, d’une conférence internationale qui s’organise chaque année dans un pays. La Tunisie est le premier pays francophone et aussi le premier pays maghrébin ayant abrité cette conférence assistée par plus de 180 personnes venues de 65 pays à travers le monde. La particularité de cette session est de faire participer le secteur privé (Tunisiens et étrangers) soit à travers le sponsoring ou aussi à travers l’exposition de leurs expériences surtout dans le domaine technologique, a-t-il dit.
Il a tenu par ailleurs à préciser que les registres d’entreprises sont devenus la base d’une économie pour instaurer la confiance et la transparence entre l’Etat, les entreprises et les investisseurs : « Dans un monde dynamique et en évolution constante, la transparence devient essentielle et la rentabilité une exigence et la coopération est la pierre angulaire pour des succès durables et c’est pour cela que nous avons préparé un programme très riche portant sur plusieurs questions, dont le passage de registres traditionnels à des registres intelligents adaptés aux exigences organisationnelles et techniques, l’échange des données, l’instauration de la transparence et la lutte contre les crimes financiers et la corruption », a-t-il soutenu.
Interrogé sur les défis, Adel Chouari a indiqué que le défi majeur est la globalisation : « Tous les registres sont ouverts au public mais la question est qu’est ce qui est ouvert au public et qu’est ce qui est protégé par les aspects de protection des données personnelles ? ».
Le deuxième défi est la rapidité d’accès à l’information car les entreprises, notamment les établissements financiers publics ont besoin de l’information en temps réel : « Alors comment donner la possibilité d’accéder facilement et rapidement aux utilisateurs qui ont besoin de ces informations », s’est interrogé Chouari.
Bientôt des services 100% digital à la RNE
Et Chouari de marteler que le troisième défi est la réglementation internationale qui ne cesse de bouger surtout avec les recommandations du GAFI qui impose un certain nombre de règles en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme et cela impose à la RNE une réglementation bien appropriée et de suivre certaines règles de gestion et aussi en terme de conformité, de prudence, d’analyse des données et de lutte contre le blanchiment d’argent, a-t-il assuré.
Il a ce propos indiqué que la RNE est à une maturité digitale bien avancée bien qu’il reste encore du chemin à faire surtout que l’objectif est d’aller vers une digitalisation à 100% : « Actuellement ¾ de nos services sont digitalisés et il ne reste que de permettre aux gens de tout faire à partir de leurs bureaux, sauf qu’il faut aussi que l’infrastructure nationale suive surtout en matière de signature électronique et pourquoi pas aller vers le Smart Contracting c-à-d vers tout ce qui est contrat électronique afin de permettre d’éliminer tout ce qui est papier. Ça c’est l’objectif du RNE dans les deux ou trois prochaines années », a-t-il souligné.
D’ici vendredi, soit durant quatre jours, les participants prendront part à des sessions plénières, ateliers spécialisés, et tables rondes thématiques portant sur les meilleures pratiques internationales en matière de gestion des registres du commerce. Des retours d’expérience concrets, des solutions technologiques innovantes et des stratégies de réforme réglementaire seront présentés afin de répondre aux attentes croissantes d’un environnement économique mondial en quête de transparence renforcée, de résilience numérique et de confiance publique accrue.
Khadija Taboubi