Placé sous le signe de la souveraineté numérique et de l’ouverture sur le monde, la deuxième version du salon technologique BiGTech Africa a ouvert ses portes, mardi 9 septembre et se poursuivra jusqu’au 11 septembre 2025, à la foire du Kram, avec une ambition renforcée, de faire de la Tunisie le cœur battant de l’innovation, de l’investissement et de la coopération technologique en Afrique.
Avec plus de 12 mille participants, 200 exposants et startups, 100 speakers internationaux, 50 investisseurs, et des pavillons institutionnels multisectoriels, BIGTECH Africa, organisé à l’initiative du ministère des Technologies de la Communication, en coopération avec TPM Events, se veut une occasion permettant de connecter les talents, les technologies et les opportunités pour dynamiser l’écosystème numérique africain, innover en explorant les tendances disruptives et en favorisant l’adoption des nouvelles technologies et accélérer la transformation digitale du continent en encourageant collaborations stratégiques et investissements.
BIGTECH Africa veut également s’imposer comme le rendez-vous incontournable du numérique en Afrique, un événement où startups, investisseurs, entreprises, institutions publiques et experts internationaux se rencontrent pour accélérer le développement technologique du continent.
Des annonces d’investissements, des collaborations et des partenariats
Dans une déclaration à Réalités, Skander Haddar, président du comité d’organisation du salon BIGTECH Africa souligne qu’environ 400 participants venant de nombreux pays étrangers vont animer prés de 66 workshops et panels de discussions sur des thématiques qui concernent non seulement la Tunisie mais aussi l’Afrique : « Nous voulons nous intégrer de manière significative et durable sur le continent africain et montrer à travers des experts internationaux comment l’innovation technologique en Afrique peut apporter des solutions aux secteurs classiques tels que l’industrie, l’agriculture, la santé, le transport, la mobilité, l’énergie, l’éducation et l’enseignement. Nous voulons également, à travers ce rendez-vous, montrer que l’Afrique est un continent riche de potentiel lui permettant un positionnement meilleur », a-t-il dit.
Il a dans le même contexte indiqué que plusieurs grands groupes internationaux actifs dans le domaine de la technologie veulent investir en Afrique et du coup ils doivent choisir quelques pays pour y monter des affaires et élaborer des business : « C’est à partir de cela que nous voulons attirer puis convaincre ces investisseurs et leurs dire que nous sommes prêts à collaborer avec eux et que nous avons en main tous les atouts pour réussir et se positionner, pas comme un marché de consommation, mais plutôt de production technologique. Nous sommes un pays avec un potentiel démographique et éducatif fort, notamment dans le domaine de l’ingénierie », a-t-il soutenu.
Skander Haddar a par ailleurs fait savoir que des annonces d’investissements dans des startups, ainsi que des collaborations et des partenariats entre des fonds d’investissements tunisiens et internationaux seront faites lors de ce salon. Selon ses déclarations, une trentaine d’investisseurs internationaux ont confirmé leur présence à ce salon afin de prendre connaissance des tendances et de l’écosystème tunisien et aussi entrer en contact avec des startups tunisiennes. Des délégations internationales venant d’une dizaine de pays étrangers (Libye, Djibouti, Maroc, canada, Turquie, Inde…etc) sont venues s’exposer lors de ce salon : « La Tunisie a le potentiel de devenir une « locomotive » et un « hub » pour l’Afrique en raison de sa position géographique stratégique, de son écosystème technologique, de son savoir-faire industriel et de son intégration avec l’Europe et l’Afrique », a-t-il estimé.
Une stratégie nationale pour l’IA est en cours de préparation
De son côté, Sofiane Hemissi, ministre des Technologies de la communication a déclaré que BIGTECH Africa est un événement de grande importance permettant de confirmer la place de leader régional et africain qu’occupe la Tunisie en matière de développement technologique, en plaçant l’innovation et les technologies au cœur de ses activités et de ses modèles d’affaires. Selon lui, plus de 100 startups tunisiennes ayant des solutions innovantes participent à ce salon, ce qui est considéré comme une opportunité pour montrer aux startups internationales partout dans le monde, l’aptitude des startups tunisiennes à générer une valeur économique significative dans plusieurs domaines de haute technologie et tout en utilisant l’intelligence artificielle et les autres nouvelles technologies.
Il a ajouté que les startups tunisiennes sont bien positionnées aujourd’hui en local et à l’international et sont en train de créer des solutions innovantes et à fort apport technologique : « L’Intelligence artificielle est une opportunité pour la Tunisie afin de créer une économie plus développée qui repose sur l’intégration des technologies numériques afin de créer de la valeur, stimuler la croissance, le progrès numérique et l’intelligence artificielle », a-t-il dit.
Il a par ailleurs appelé à profiter des opportunités dans le domaine technologique, pour mieux se positionner mais aussi être conscients des défis culturels, sociaux ainsi que sur le marché du travail.
Selon lui, son ministère travaille actuellement sur une stratégie nationale pour l’IA : « Les préparatifs sont en cours et l’objectif ultime est de profiter au maximum de l’IA, mais tout en garantissant une utilisation responsable et équitable de cette technologie. Nous voulons utiliser l’IA au service de l’être humain », a-t-il conclu.
Khadija Taboubi