Évacuation immédiate du palais touristique de Médenine

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Par ordonnance judiciaire, le palais touristique de Médenine — l’un des symboles les plus forts du Sud-Est tunisien — doit être évacué immédiatement. Une mesure radicale, certes, mais devenue inévitable face à des années d’atermoiements, de bricolage administratif et d’abandon déguisé.

À l’origine de cette évacuation : un rapport d’expertise technique accablant. Mandaté par le président du tribunal de première instance de Médenine, un expert judiciaire spécialisé en béton armé et structures porteuses a conclu que le monument est menaçant ruine. Le constat est clair : certaines parties du bâtiment sont gravement dégradées, au point de représenter un danger immédiat pour les commerçants, les visiteurs et les riverains.

Sur la base de ce rapport, la justice a ordonné :

l’évacuation totale des espaces commerciaux,

l’interdiction d’accès au site,

l’interdiction de stationnement à proximité des murs extérieurs,

la mise en place immédiate de barrières et de signalisation de sécurité.

La municipalité de Médenine n’a fait qu’exécuter un jugement entré en vigueur dès le vendredi 26 décembre 2025. Pas de marge de manœuvre, pas de discours rassurant : la sécurité prime, point final.

Le palais touristique de Médenine — composé de plusieurs ksour historiques construits dès le début du XVIIᵉ siècle — est un chef-d’œuvre de l’architecture saharienne. Conçu à l’origine pour le stockage des récoltes des tribus de Ouerghamma, il incarne une intelligence architecturale parfaitement adaptée au climat extrême du Sud.

Certaines de ses structures, comme le Ksar El Jouamaâ, ont même bénéficié d’un classement touristique officiel et d’une reconnaissance internationale, notamment après avoir servi de décor à des scènes de Star Wars.

Et pourtant, malgré cette valeur historique, culturelle et économique, la maintenance a été minimale, les restaurations ponctuelles, souvent esthetiques , et les responsabilités diluées entre municipalité, ministères, offices et bailleurs.

L’évacuation brutale a un coût surtout économique. Les artisans et commerçants installés dans le palais se retrouvent du jour au lendemain sans activité, sans visibilité, et sans solution alternative claire. Là encore, l’État et les collectivités locales arrivent après la bataille, sans plan d’accompagnement crédible, sans calendrier de réhabilitation transparent.

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