Une délégation tunisienne de haut niveau s’est rendue à Rome pour une mission technique consacrée à la gestion durable des déchets et à la valorisation énergétique. Cette rencontre, organisée avec l’Italie et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), s’inscrit dans le cadre de la transition énergétique et du développement de l’économie circulaire. Les échanges ont réuni des représentants du ministère tunisien de l’Environnement ainsi que des acteurs institutionnels italiens autour des cadres réglementaires et des opportunités de collaboration.
Les discussions ont particulièrement porté sur le projet pilote de valorisation énergétique des déchets sur l’île de Djerba. Cette installation, développée avec le soutien du PNUD et des institutions tunisiennes compétentes, est alimentée par des déchets organiques provenant notamment du secteur touristique. L’unité est conçue pour traiter environ 6 000 tonnes de déchets par an. Elle permettra de produire près de 1 600 MWh d’électricité renouvelable destinée à être injectée dans le réseau. Par ailleurs, le processus générera un digestat utilisable comme engrais naturel en agriculture. Qui plus est, cette installation évitera le rejet dans l’atmosphère d’environ 5 600 tonnes d’équivalent CO₂ par an.
Les échanges entre les deux délégations ont également abordé les aspects réglementaires nécessaires au développement de ce type de projets. Un point précis a concerné l’adoption d’un cadre tarifaire pour l’achat d’électricité produite à partir du biogaz. Ce tarif a été fixé à 307 millimes par kWh, un niveau destiné à garantir la viabilité économique des installations. En plus de cette avancée tarifaire, la mission a examiné les possibilités d’extension de cette expérience pilote à d’autres régions tunisiennes confrontées à des défis similaires en matière de traitement des déchets.
La rencontre a aussi permis d’explorer les outils financiers mobilisables pour passer de l’échelle pilote à une diffusion plus large. La bancabilité des projets, c’est-à-dire leur capacité à obtenir des financements auprès des institutions bancaires, a fait l’objet de discussions approfondies. D’autre part, le PNUD a présenté sa plateforme Pista, hébergée à Rome et lancée en 2024, qui vise à transformer les priorités climatiques nationales en investissements concrets. Par conséquent, une table ronde a été organisée pour encourager l’implication du secteur privé. Elle a réuni des acteurs institutionnels et des entreprises spécialisées, dont la Cassa Depositi e Prestiti (CDP). Les travaux ont par ailleurs porté sur les mécanismes de coopération technico-financiers qui faciliteront le transfert de savoir-faire italien vers la Tunisie. Cette coopération poursuit plusieurs objectifs : réduire le volume des déchets mis en décharge, améliorer la sécurité énergétique du pays et renforcer l’attractivité du territoire pour les investissements étrangers dans le secteur des énergies renouvelables.