L’Union pour la Méditerranée (UpM) tire la sonnette d’alarme à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement. Selon ses projections, si la production plastique maintient sa croissance annuelle de 4% sans amélioration majeure de la gestion des déchets, la Méditerranée pourrait contenir plus de plastique que de poissons d’ici 2050. Ce scénario catastrophe repose sur des données concrètes : chaque jour, 730 tonnes de déchets plastiques sont déversées dans le bassin méditerranéen, faisant de cette mer l’une des plus polluées au monde.
Face à cette urgence écologique, l’UpM plaide pour une transition accélérée vers l’économie circulaire. L’organisation rappelle avoir déjà mobilisé 550 millions d’euros à travers son Partenariat Méditerranée Bleue (PMB), un fonds multidonateurs dédié à des projets concrets. Ces investissements ciblent notamment les clusters maritimes durables (12 projets financés), la décarbonation du transport maritime (8 initiatives), la protection de la biodiversité (15 programmes) et le développement des énergies renouvelables offshore (5 installations pilotes).
Le secrétaire général de l’UpM, Nasser Kamel, insiste sur la dimension multidimensionnelle de la crise : « La pollution plastique coûte déjà 641 millions d’euros par an au secteur touristique méditerranéen et affecte 30% des espèces marines endémiques ». Les solutions préconisées combinent innovation technologique (comme les nouveaux systèmes de filtration déployés dans 8 ports majeurs) et changement des modèles économiques, avec un accent particulier sur la réduction à la source des emballages plastiques, qui représentent 45% de la pollution totale.
Ce cri d’alarme intervient alors que les pays méditerranéens peinent à harmoniser leurs politiques environnementales, malgré l’engagement théorique de 80% d’entre eux à atteindre les Objectifs de Développement Durable. La situation exige des mesures coordonnées et immédiates pour éviter que la « Grande Bleue » ne devienne la « Grande Plastique ».
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