Face à une assemblée de journalistes régionaux, le président de l’Association du Festival de Kantaoui, Yacine Laâtiri, a présenté, lors d’une conférence de presse tenue ce dimanche dans un hôtel de la place, les grandes lignes de la 41e édition d’un événement organisé cette année dans des conditions loin d’être idéales.
Après avoir traversé une zone de turbulences, le festival – historiquement lié à la ville de Hammam Sousse – tente de retrouver ses repères grâce à une nouvelle dynamique insufflée par une équipe rajeunie. Ce comité directeur qui fait peau neuve est emmené par Yacine Laâtiri, précédemment directeur de programmation, accompagné de Walid Boussaâda (vice-président), Souhaïla Laâtiri (secrétaire générale), Linda Mani (trésorière), Sarra Lajmi (trésorière adjointe), Wissal Gharzoul (responsable de l’édition et de l’information), et Béchir Jaballah et Nermine Braham (membres). Ensemble, ils affichent leur ambition de faire décoller un festival longtemps abandonné à son triste sort, à la suite des tensions internes ayant marqué l’ancien bureau.
Interpellé par les journalistes au sujet de choix artistiques polémiques, notamment la programmation des rappeurs Kaso et A.L.A, Yacine Laâtiri a reconnu que ces artistes divisent l’opinion mais jouissent d’une grande popularité auprès du jeune public. Il a justifié leur présence par le contexte délicat dans lequel le programme a été conçu : pression du temps, moyens limités, et peu d’options concrètes. Il a reconnu que le comité n’avait pas plusieurs cordes à son arc dans un délai aussi court.
Composée de seulement sept soirées, la programmation comprend “Hammam Sousse chante”, dirigé par Jihed Jbara (27 juillet), Kaso (28 juillet), Spectacle Ziara (29 juillet), Troupe Les Émirs (31 juillet), A.L.A (1er août), concert de Lotfi Bouchnak (2 août)
et le one-man-show « Visa » de Karim Gharbi (4 août).
Une programmation jugée limitée, mais qui reflète avant tout une réalité budgétaire sévère : aucune subvention publique n’a été perçue cette année, en raison du non-respect des délais de dépôt des dossiers. De plus, l’autorisation tardive d’utiliser le stade Bou Ali Lahouar a compromis la conclusion d’accords avec d’autres artistes de renom, selon les dires de Yacine Laâtiri.
Autre sujet soulevé : l’absence dans le programme d’éléments reflétant l’identité culturelle et la spécificité de ce festival, portant le nom du mausolée de Sidi Kantaoui et se tenant dans une zone touristique emblématique. Aucun spectacle ne met vraiment en valeur le patrimoine historique de la région, ce qui suscite une certaine déception chez les amateurs de culture locale.
Malgré ces lacunes, l’édition 2025 du festival porte l’espoir d’un renouveau. Et même si le défi est grand, l’énergie de cette jeune équipe, combinée à l’expérience et à la détermination d’acteurs engagés comme Tahar Kriaâ, pourrait bien remettre le Festival de Kantaoui sur les rails.
