Les chiffres publiés hier par l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri) confirment que l’Italie reste le premier débouché pour les produits de la pêche tunisiens. En effet, 31 % de la valeur totale des exportations tunisiennes en la matière sont absorbées par le marché italien, loin devant l’Espagne (14 %) et la Libye (12 %). Cette préférence s’explique par la qualité et la diversité de l’offre tunisienne, qui inclut des poissons frais comme la dorade et le loup de mer, mais aussi des crustacés et des mollusques très demandés par les restaurateurs italiens. Cependant, malgré cette position dominante, les données révèlent une contraction inquiétante des exportations depuis le début de l’année.
Entre janvier et mai 2025, les exportations tunisiennes de produits de la mer ont atteint 11 400 tonnes, pour une valeur de 267,3 millions de dinars (78,61 millions d’euros). Ces chiffres représentent une chute de 19,7 % en volume et de 21,2 % en valeur par rapport à la même période en 2024. Le prix moyen à l’exportation a également reculé, passant de 23,9 dinars (7,03 euros) le kilo à 23,4 dinars (6,88 euros). Cette tendance contraste avec l’accélération des importations, qui ont augmenté de 35,5 % en volume et de 33,9 % en valeur, atteignant 31 700 tonnes pour 207,4 millions de dinars (61 millions d’euros). La Tunisie semble donc importer davantage pour répondre à sa demande intérieure, tout en vendant moins à l’étranger.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Du côté italien, la baisse des captures locales, liée aux changements climatiques et aux restrictions de pêche, renforce la dépendance aux importations tunisiennes. En revanche, du côté tunisien, la diminution des exportations soulève des questions sur la compétitivité du secteur. Les professionnels doivent faire face à des coûts de production en augmentation et à une concurrence accrue sur les marchés internationaux. Par ailleurs, l’arrivée d’espèces invasives en Méditerranée perturbe les écosystèmes et complique la pêche traditionnelle. Malgré ces difficultés, la Tunisie conserve des atouts, comme une flotte de pêche importante et une proximité géographique avec les marchés européens. Pour inverser la tendance, une modernisation des infrastructures et une meilleure valorisation des produits pourraient s’avérer nécessaires.
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