Dans le cadre de ses campagnes de contrôle continues, l’Instance nationale de sécurité sanitaire des produits alimentaires (INSSPA) a annoncé la saisie de plus de 7 tonnes de denrées alimentaires non conformes aux normes sanitaires et 6000 litres d’eau d’origine inconnue, lors d’opérations menées dans plusieurs gouvernorats du pays.
Mais c’est surtout à Sfax qu’une découverte alarmante a été faite : 1,6 tonne de crevettes blanches fraîches ont été saisies après que les équipes de contrôle ont détecté l’ajout illégal d’une substance chimique, le métabisulfite, utilisée pour prolonger artificiellement la durée de conservation du produit. Ces crevettes étaient stockées dans un entrepôt frigorifique anarchique, dépourvu des autorisations et conditions réglementaires de stockage.
Selon l’INSSPA, l’utilisation de ce type d’additif en dehors du cadre légal peut présenter des risques pour la santé, notamment pour les personnes allergiques ou sensibles aux sulfites.
Des infractions en série dans plusieurs régions
Les opérations de contrôle se sont poursuivies dans d’autres gouvernorats, révélant un non-respect généralisé des règles d’hygiène et de sécurité alimentaire.
À Ben Arous, les agents ont intercepté 537 kg de viandes bovines, merguez, salami et viande hachée dans un établissement dépourvu d’agrément sanitaire.
À Tunis, 215 kg de pommes de terre épluchées et prêtes à frire, destinées à un restaurant universitaire, ont été saisis. Le produit était transporté dans un véhicule non adapté et à des températures inappropriées.
Toujours à Tunis, 6000 litres d’eau de provenance inconnue ont été découverts à bord d’un camion de distribution ne respectant aucune norme de sécurité sanitaire. L’eau a été jugée impropre à la consommation.
À Nabeul, les inspecteurs ont trouvé 3,48 tonnes de « dchich » de piment entreposées dans des conditions déplorables, parmi des déchets et des déjections d’oiseaux.
À Bizerte, 1110 kg de produits carnés ont été déclarés impropres à la consommation à cause du non-respect des températures légales de transport.
Enfin, à Ariana, un contrôle conjoint avec la Garde nationale et la police municipale a permis la saisie de près de 277 kg de viandes de volaille et 500 poulets vivants provenant d’abattages illégaux dans des abattoirs clandestins.
Une vigilance accrue pour protéger le consommateur
Face à la multiplication de ces infractions, l’Instance nationale de sécurité sanitaire a réaffirmé sa détermination à poursuivre les contrôles rigoureux tout au long de la chaîne alimentaire, « de la production jusqu’à la distribution », et à appliquer les mesures légales contre les contrevenants.
L’INSSPA a souligné que ces interventions s’inscrivent dans le cadre d’une politique nationale de prévention des risques alimentaires, visant à protéger la santé publique et garantir la sécurité des consommateurs.
