L’avocate Dalila Ben Mbarek Msaddek a pris la parole avec une immense douleur pour évoquer l’état de santé dramatique de son frère, Jawhar Ben Mbarek, détenu dans le cadre de l’affaire dite du “complot contre la sûreté de l’État”.
Jawhar, rappelons-le, mène depuis plusieurs jours une grève de la faim sauvage, un acte de résistance extrême pour protester contre son emprisonnement et dénoncer ce qu’il considère comme une profonde atteinte à la dignité et à la justice.
Dans un témoignage bouleversant, Dalila raconte qu’elle s’attendait, en lui rendant visite, à apprendre qu’il avait enfin été transporté à l’hôpital et qu’il recevait les soins nécessaires. Mais la réalité qu’elle a découverte fut bien plus cruelle : « J’ai trouvé mon frère dans un état encore plus inquiétant que la veille… Il ne supporte plus la lumière, souffre de violents maux de tête, et ne peut plus marcher. Ils l’ont reconduit à sa cellule sur une simple chaise en plastique… »
Malgré la douleur, Jawhar refuse d’abandonner. Il poursuit sa grève “tant que l’injustice ne sera pas levée” et que ce qu’il appelle “l’absurde” ne prendra pas fin.
Brisée par l’impuissance et la peur, Dalila confie avoir remis son espoir entre les mains de l’Ordre des avocats et de la section de Tunis, qui ont promis d’intervenir d’urgence.
Épuisée, elle s’excuse de ne plus pouvoir répondre à tous les messages de soutien qui lui parviennent : « Pardonnez-moi… Je n’ai plus de force. Ils m’ont vidée de toute énergie. Pardonne-moi, Jawhar… Que puis-je faire de plus ? Je ne sais plus… »