La Cour d’appel de Tunis entamera, lundi 29 décembre, l’examen en appel de la très sensible affaire dite du « dossier du départ vers les zones de conflit », un dossier emblématique qui continue de peser lourdement sur le paysage judiciaire et politique tunisien.
Cette première audience en appel concerne plusieurs accusés, parmi lesquels l’ancien chef du gouvernement Ali Laârayedh, actuellement détenu, ainsi que Seifeddine Raïs, ancien porte-parole de l’organisation Ansar Al-Charia, interdite en Tunisie. Tous sont poursuivis dans le cadre de cette affaire liée aux départs de Tunisiens vers des foyers de tension à l’étranger.
Dans un communiqué publié récemment, le comité de défense d’Ali Laârayedh a réaffirmé ses revendications, appelant à un procès en présence physique de l’accusé. Les avocats exigent également l’accès à des données officielles précises sur le nombre réel de personnes ayant quitté le territoire tunisien, ventilées par périodes, estimant que ces éléments sont indispensables à une instruction équitable et sérieuse.
Pour rappel, la cinquième chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme avait rendu, le 2 mai 2025, des verdicts particulièrement lourds dans cette affaire, prononçant des peines allant de 18 à 36 ans de prison. L’ensemble des condamnés avait en outre été soumis à une mesure de surveillance administrative de cinq ans après l’exécution de leur peine.
Les prévenus, dont Ali Laârayedh, comparaissent en état de détention.