Le président de la République, Kaïs Saïed, a réuni hier au palais de Carthage la cheffe du gouvernement, Sara Zaafrani Zenzri, ainsi que le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, et le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar. Cette réunion avait pour objet d’examiner la situation du système de santé et les difficultés récurrentes d’approvisionnement en médicaments. À l’issue de cette rencontre, le chef de l’État a ordonné la mobilisation immédiate des ressources financières nécessaires à la Pharmacie centrale afin de rétablir un approvisionnement régulier du marché intérieur.
Par ailleurs, le président a plaidé pour la constitution d’une réserve stratégique de médicaments, en ciblant prioritairement les traitements vitaux et les spécialités les plus exposées aux ruptures de stock. Cette décision fait suite à une série de visites effectuées par le président à la clinique de la Caisse nationale de sécurité sociale d’El Omrane ainsi qu’à la Pharmacie centrale. Lors de ces déplacements, il a constaté les difficultés croissantes rencontrées par les citoyens pour accéder aux services de santé, notamment en ce qui concerne les médicaments essentiels. Des pénuries et des interruptions fréquentes dans la disponibilité de certains traitements ont été observées, engendrant des coûts supplémentaires pour les patients contraints de se tourner vers des alternatives plus onéreuses.
Une réforme globale face aux dysfonctionnements accumulés
Le président a souligné que ces problèmes critiques ne peuvent être résolus par des mesures temporaires ou partielles. En conséquence, il a appelé à une nouvelle vision du système de sécurité sociale et de la couverture santé, fondée sur les principes d’équité et de justice. D’autre part, il a estimé que les établissements de santé publique traversent une phase critique en raison de dysfonctionnements et de problèmes graves accumulés au fil du temps, ce qui rend nécessaire une réforme profonde, cohérente et globale.
Dans ce cadre, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de lutter fermement contre toutes les formes de corruption et de mauvaise gestion dans le secteur pharmaceutique, qu’il a qualifié de vital en raison de son lien direct avec la santé des citoyens. Qui plus est, il a appelé à renforcer les mécanismes de contrôle et d’inspection tout en promouvant la transparence, notamment par la numérisation des systèmes de suivi du réseau de distribution.
L’industrie pharmaceutique nationale comme levier stratégique
Le président a également plaidé pour une réduction de la dépendance vis-à-vis des pays étrangers dans ce secteur jugé stratégique. Il a affirmé que la Tunisie possède l’expertise non seulement pour former des compétences, mais aussi pour produire et exporter des médicaments. Par ailleurs, il a souligné que l’expertise médicale tunisienne est de plus en plus recherchée à l’international, et que le développement de l’industrie pharmaceutique nationale pourrait renforcer le positionnement du pays à l’étranger tout en générant des bénéfices directs pour la population.
Lors de sa visite à la clinique El Omrane, établissement affilié à la Caisse nationale de sécurité sociale, ainsi que dans d’autres centres à El Khadra, Bizerte, Sousse, Sfax et Metlaoui, le président a été informé des méthodes de distribution des médicaments et des systèmes de prise de rendez-vous. Il a constaté que de nombreux patients sont contraints d’arriver tôt le matin, ce qui engendre de longs temps d’attente. En conséquence, il a proposé des solutions alternatives, notamment la distribution de médicaments par véhicules dédiés pour les patients dont l’état de santé ne requiert pas leur présence physique à la clinique.
Le chef de l’État a réaffirmé que le droit à la santé est un principe fondamental et que la couverture de sécurité sociale doit être garantie à tous les citoyens. Cette initiative vise à prévenir les pénuries observées ces derniers mois, qui ont affecté les traitements contre le diabète, l’hypertension et les maladies thyroïdiennes, ainsi que d’autres médicaments essentiels et spécialisés.