Aucun cas en Tunisie n’a été signalé comme étant atteint par Ebola, ce virus mortel qui commence à faire des ravages en Afrique Centrale, particulièrement en République Démocratique du Congo, mais aussi, en Ouganda et au Soudan du Sud.
Cependant, la vigilance devrait être toujours de mise. Car au fait, on ne sait pas encore s’il s’agit du même Ebola connu en Afrique depuis des années et qui à chaque fois où il est apparu a laissé des traces. Ou bien il s’agit d’une variante ou d’une mutation du même virus connu ?
Ce que l’on sait jusqu’à présent, c’est qu’il s’agit d’une variante baptisée « Bundibugyo ». Elle provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse et qui demeure redoutable malgré de récents vaccins et traitements, efficaces uniquement contre la souche Zaïre à l’origine des plus grandes épidémies recensées.
L’OMS indique que, jusqu’à présent, il n’existe pas de vaccin homologué ni de traitement spécifique pour le variant « Bundibugyo » qui est à l’origine de cette nouvelle épidémie. En attendant, l’OMS étudie l’utilisation de vaccins et traitements, déjà existants, pour tenter de freiner la propagation de la maladie et atténuer sa virulence.
Pour l’OMS, en l’absence de vaccin et de contre-mesures médicales, les pays peuvent prendre de nombreuses autres mesures pour enrayer la propagation du virus et sauver des vies, notamment par la communication sur les risques et la mobilisation communautaire.
A noter que le gouvernement ougandais, en vue d’éviter toute éventuelle propagation qui pourrait rendre la propagation de l’épidémie incontrôlable, a reporté les célébrations annuelles de la Journée des martyrs, qui peuvent attirer jusqu’à deux millions de personnes.
Autre mesure préventive, la République Démocratique du Congo a décidé de fermer ses frontières avec le Rwanda et l’Ouganda.
Entre temps, l’OMS est entrain de charger des fournitures médicales à destination du RDC en vue de renforcer la riposte du pays contre l’épidémie.
Le HCR exprime son inquiétude
Alors que l’inquiétude grandit pour les populations déplacées et les opérations humanitaires, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a annoncé qu’il suit de près la situation dans le Nord-Kivu, notamment la fermeture de l’axe entre Goma et Bukavu, mais aussi la frontière entre le chef-lieu de la province du Nord-Kivu et la ville rwandaise de Gisenyi. « Nous évaluons les répercussions sur les déplacements transfrontaliers, les rapatriements volontaires et l’accès humanitaire, tout en renforçant les mesures de prévention au centre de transit de Goma », a déclaré lors d’un point de presse une porte-parole du HCR, Eujin Byun.
L’épidémie touche des zones densément peuplées et fragiles, déjà affectées par des années de conflit et un accès limité aux soins. Plus de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et de rapatriés vivent dans l’Ituri et le Nord-Kivu, où les besoins humanitaires restent très élevés. Le HCR s’inquiète particulièrement des capacités sanitaires affaiblies par les conflits récents.
Le HCR indique, selon sa porte-parole dans la région que les réfugiés sont également concernés. Environ 11.000 Sud-Soudanais en Ituri nécessitent une aide préventive, tandis qu’à Goma, plus de 2.000 réfugiés rwandais et burundais vivant en milieu urbain ont besoin de soutien pour suivre les protocoles d’hygiène, notamment du savon et gel hydroalcoolique.
Krimi Abderrazek