Les représentantes de l’Association Tunisienne de Médecine des Addictions (ATMA) ont considéré que l’approche uniquement répressive et carcérale pour lutter contre la consommation des drogues en Tunisie a montré ses limites. Et pour preuve, le nombre de consommateur ne cesse d’augmenter touchant de plus en plus de nouvelles catégories, y compris les mineurs.
C’était lors d’une audition devant la commission de la législation générale de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), tenu vendredi dernier qu’elles se sont prononcées, indiquant la nécessité de s’orienter, en Tunisie vers des approches alternatives incluant l’aspect curatif.
L’audition s’est tenue dans le cadre de l’examen d’un projet d’amendement de la loi n° 52 de l’année 1992 datée du 18 Mai 1992 relative à la lutte contre les crimes de stupéfiants.
Selon l’information communiquée dans le site officiel de l’ARP, les représentantes de l’ATMA ont présenté des données et statistiques montrant l’évolution perpétuelle du phénomène de la consommation de la drogue de différents types, avec un accent mis sur les catégories d’âge les plus touchées.
Elles ont d’autre part présenté des chiffres sur l’augmentation du nombre de procès de justice liés aux affaires drogue ainsi que l’évolution des quantités de drogues saisies, effectuées par les unités de lutte contre les stupéfiants.
Pour les représentantes de l’ATMA, les chiffres sont révélateurs. Les études effectuées, jusqu’en 2017, ont démontré que, concernant la catégorie d’âge entre 15 et 17 ans le nombre augmente crescendo pour passer de 24.6 à 31 % en 2017.
En l’absence d’études scientifiques portant sur la période d’après 2017, aucun chiffre ne peut être avancé, cependant, il devient évident que l’état des lieux est plus qu’alarmant.
D’un autre côté, les représentes de l’ATMA ont exprimé leur inquiétude devant les nouveaux types de drogues, de nature chimique et synthétique, qui circulent dans le « marché », qui pénètrent illicitement au territoire tunisien et sont difficilement détectables au laboratoire.
Tout ceci démontre, pour les représentantes de l’ATMA que la méthode carcérale a démontré son efficacité. Elles ont appelé par conséquent, à considérer la personne addictée comme une personne malade qu’il faudrait soigner pas comme un criminel qu’il faut punir. Insistant dans ce contexte que l’addiction doit être considérée comme étant une maladie chronique qui peut susciter des rechutes.