Alors que Rabat vivait une semaine historique en accueillant la 29e édition de la Coupe Lalla Meryem et le Jubilé d’or (50e édition) du prestigieux Trophée Hassan II, l’effervescence était déjà palpable dès les arrivées à l’aéroport de Casablanca. C’est au milieu de ce tumulte, loin du formalisme des salles de presse, que s’est jouée notre rencontre improvisée avec Teresa Toscano. Nous avons croisé la route de la golfeuse espagnole au moment même où elle s’installait à bord du véhicule de transfert vers son hôtel. Sans la moindre hésitation, souriante et spontanée, elle a accepté de répondre aux questions de Réalités Online.
Marqué par son concept de mixité, le tournoi voyait les femmes défier le redoutable Parcours Bleu tandis que les hommes se mesuraient au Parcours Rouge. Au-delà du défi sportif, les joueuses mondiales convoitaient toutes une récompense très singulière à savoir une magnifique minaudière, véritable chef-d’œuvre de la haute joaillerie marocaine serti de pierres précieuses.
Pour son retour dans la capitale, Teresa Toscano retrouvait donc des fairways qui lui réussissent. L’an dernier, lors de la 28e édition de la Coupe Lalla Meryem, sa participation et ses performances avaient été remarquables, la joueuse s’étant classée troisième après avoir réalisé un total de 69 coups lors du dernier tour. Aujourd’hui, elle revenait avec la même envie : retrouver le public marocain et partager sa vision du golf féminin, un sport qui suscite un intérêt grandissant dans la région. Entretien sur le vif avec Teresa Toscano.
Teresa, bienvenue à nouveau au Maroc ! Votre ِparticipation ici l’année dernière était remarquable. Quel effet cela fait-il de revenir à Rabat pour la Coupe Lalla Meryem, et quels sont vos objectifs cette année=?
C’est un bonheur immense d’être de retour ici ! Ce tournoi a une atmosphère tellement unique, le parcours est incroyable et j’aime profondément ce pays. Comme vous l’avez dit, j’ai d’excellents souvenirs de mes précédentes participations, donc revenir ici me procure d’emblée de très bonnes sensations. Pour être tout à fait honnête, je ne sais pas encore ce que me réserve le tableau des scores cette semaine, mais j’espère de tout cœur réitérer, et même dépasser, mes performances passées.
Une première place sur le podium, peut-être ?
(Rires et grand sourire) J’espère bien, oui ! On croise les doigts, en tout cas je vais tout donner pour ça.
Avec votre regard de joueuse internationale, qu’est-ce qui rend l’ambiance marocaine si singulière et pourquoi ce type de tournoi est-il crucial pour populariser la discipline dans le Maghreb ?
L’ambiance ici est fantastique parce que le public répond présent. Personnellement, j’adore quand il y a de la foule autour du green ; ressentir cette énergie et voir tous ces regards bienveillants me poussent à me dépasser à chaque coup. Je me rappelle qu’il y a deux ans, les organisateurs avaient fait venir des écoles entières. Se retrouver entourée de tous ces enfants qui découvrent notre sport, c’est magique et, selon moi, c’est la plus belle des manières de faire grandir le golf féminin. Il faut que les gens viennent nous voir jouer, qu’ils touchent du doigt la réalité du terrain et qu’ils partagent notre plaisir.
Le Royal Golf Dar Es Salam est réputé pour sa beauté sauvage, mais c’est aussi un tracé extrêmement exigeant. Quelle stratégie spécifique avez-vous préparée pour dompter le parcours cette semaine ?
Il est magnifique, c’est vrai, et les infrastructures sont impeccables. Mais dès que le vent s’en mêle, le Parcours Bleu devient un immense défi technique. Ma stratégie va être assez simple sur le papier, mais rigoureuse sur le terrain : je vais me concentrer au maximum sur mes mises en jeu pour attraper le plus de fairways possible. C’est la clé ici. Si je reste sur la bonne trajectoire, mes approches vers le green seront beaucoup plus maniables.
Pour finir, si vous aviez un message, un conseil du cœur à adresser aux jeunes qui aimeraient découvrir le golf mais qui hésitent encore à se lancer ?
Je leur dirais une chose essentielle : amusez-vous ! Prenez du plaisir dans tout ce que vous entreprenez. Sur le plan de la progression, essayez simplement d’être 1 % meilleur chaque jour. Cela peut sembler dérisoire sur le moment, mais si vous ajoutez 1 % jour après jour, imaginez le pas de géant que vous aurez fait à la fin de l’année ! Et surtout, que ce soit pour le golf ou pour n’importe quel autre projet de vie, faites-le avec une dévotion totale. Pratiquez votre discipline avec passion, c’est le plus beau conseil que je puisse donner.
Propos recueillis par Hajer Ben Hassen