Dans un post Facebook, le juge Ahmed Rahmouni a déploré la disparition de son collègue Ahmed Brahmi, survenue vendredi 30 mai. Pour Rahmouni, ceux qui ont côtoyé le juge Brahmi le décrivent unanimement comme un homme d’une rare élévation morale : discret, posé, d’une intelligence lucide, fidèle en amitié et animé d’une liberté de pensée qui ne s’est jamais démentie. Jusqu’à la fin, il est resté habité par une soif de vérité et un attachement sincère au savoir et à ceux qui le portent.
C’est au sein des tribunaux de Sousse et de Monastir que le magistrat a forgé sa réputation, s’illustrant tour à tour dans les juridictions civiles et pénales ainsi qu’au parquet. Sa maîtrise du droit et la rigueur de son jugement lui valurent de gravir progressivement tous les échelons de la hiérarchie judiciaire, jusqu’à atteindre le rang le plus élevé de la magistrature.
Au-delà de sa fonction, Ahmed Brahmi était un homme de plume et de tribune. Chercheur, conférencier et chroniqueur, il a contribué activement à la documentation de manifestations judiciaires dans des revues juridiques spécialisées et s’est distingué par ses écrits sur l’histoire de la justice et le droit. Jusqu’à ses derniers jours, il demeurait une présence quotidienne et attentive au sein du plus grand groupe de magistrats tunisiens en ligne, suivant avec passion l’actualité du monde judiciaire.
Sur le plan associatif et syndical, le juge Brahmi s’était engagé de longue date au sein de l’Association des magistrats tunisiens. Il avait également brigué un siège au sein du bureau exécutif de l’Association, témoignant de sa volonté constante de contribuer à la consolidation de l’indépendance de la justice.