C’est ce qu’a indiqué lundi soir Wahbi Ouertani, président du Groupement professionnel des technologies et de l’innovation au sein de la CONECT, lors de son intervention sur les ondes de Diwan Fm. Selon lui, le taux de recours à l’achat en ligne dans la région atteint en moyenne 15 %, soit près du double du niveau enregistré en Tunisie.
Pour expliquer ce retard, le responsable met en avant plusieurs facteurs structurels, notamment le faible niveau d’inclusion financière. Il souligne que seulement 38 % des Tunisiens disposent d’un compte bancaire, ce qui constitue un frein important au développement des paiements électroniques et du commerce numérique.
Wahbi Ouertani estime également que l’un des principaux défis auxquels fait face le secteur réside dans la prédominance du paiement à la livraison. Cette pratique, largement répandue, favorise selon lui l’émergence d’un nouveau circuit économique parallèle qui échappe aux mécanismes classiques de contrôle et de régulation.
Le responsable de la CONECT a par ailleurs alerté sur les difficultés rencontrées par les entreprises opérant dans le commerce électronique organisé. Les acteurs locaux subissent une concurrence accrue du marché informel, tandis que les entreprises tournées vers l’exportation doivent composer avec des contraintes de financement et de logistique.
Il a également mis en garde contre les risques liés à l’expansion du commerce électronique informel. En l’absence d’un cadre juridique suffisamment structuré et de mécanismes de contrôle efficaces, les consommateurs restent exposés à diverses pratiques frauduleuses et à des transactions ne respectant pas les normes en vigueur.
Pour la CONECT, le développement du commerce électronique en Tunisie passe ainsi par un renforcement de l’inclusion financière, une meilleure régulation du secteur et l’instauration d’un environnement plus sécurisé pour les entreprises comme pour les consommateurs.