L’initiative de l’Académie FACE pour l’Inclusion entend renverser la logique habituelle de développement en ciblant six gouvernorats. Ces territoires – le Kef, Siliana, Tozeur, Béja, Bizerte et Djerba – disposent de terres fertiles, d’un patrimoine ancien et de savoir-faire artisanaux. Par ailleurs, ils enregistrent des taux de chômage et de précarité élevés. Zahra Ben Nasr, fondatrice de l’association, a indiqué lors de la cérémonie d’ouverture que l’accompagnement des initiatives citoyennes et le soutien à l’entrepreneuriat local constituent des moyens de contribuer à un développement plus équilibré sur le plan territorial.
Contenu du programme et ancrage des bénéficiaires
Le programme doit sélectionner 120 jeunes diplômés ou porteurs de projets, répartis dans ces six gouvernorats. Ces participants suivent un parcours qui comprend des modules relatifs au leadership, à l’éducation financière, au montage de projet et aux techniques de commercialisation. D’autre part, la spécificité de cette approche réside dans son ancrage territorial : les bénéficiaires restent dans leur région d’origine. L’objectif est d’éviter que les compétences formées ne quittent ces zones pour la capitale ou pour l’étranger. Par conséquent, l’académie vise à faire émerger des projets adaptés aux réalités locales et à créer des ambassadeurs régionaux capables de valoriser les atouts de leur territoire.
Partenariats financiers et expérience préalable de l’association
Pour mener à bien cette initiative, FACE Tunisie bénéficie du soutien technique et financier de la Coopération suisse. En plus, des entreprises issues du secteur privé participent également au projet. Lors de la journée de lancement, le docteur Ferid Belhadj, ancien vice-président de la Banque mondiale, a rappelé que le développement régional ne consiste pas seulement à redistribuer les richesses existantes, mais à créer de nouveaux espaces de création de richesse. À cela s’ajoute l’expérience accumulée par FACE sur le terrain, dans une vingtaine de régions comme Tékelsa, Testour, Oued El Abid ou Ghazala. L’association a déjà accompagné des femmes rurales vers l’autonomie, participé à la réinsertion des sortants de prison et relancé des métiers traditionnels dans l’espace « Dar El Fikra ». Qui plus est, près de soixante femmes y ont été formées à la sérigraphie, à la broderie et au conte, ce qui permet de préserver le patrimoine tout en générant des revenus durables pour les territoires concernés.
Photo, réalisation et montage: Ridh Sahli
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