La Direction générale tunisienne des services vétérinaires, en lien avec le Groupe interprofessionnel des produits de la pêche, a adressé un appel aux entreprises locales qui exportent vers le marché européen. Celles-ci sont invitées à mettre en œuvre sans délai les démarches nécessaires auprès de leurs fournisseurs d’emballages, afin de s’assurer que les matériaux utilisés répondent aux exigences du nouveau cadre réglementaire européen. Ce dernier, prévu pour entrer en application le 12 août 2026, concerne l’ensemble des conditionnements mis sur le territoire de l’Union, quel que soit leur pays d’origine ou leur nature. Par conséquent, les opérateurs tunisiens doivent anticiper ces changements pour éviter d’éventuels blocages à l’exportation.
Le règlement (UE) 2025/40 relatif aux emballages et aux déchets d’emballage, entré en vigueur le 11 février 2025, impose des prescriptions en matière de composition, de durabilité, de recyclabilité, d’étiquetage et de documentation technique. En plus de ces dispositions générales, des restrictions particulières s’appliquent aux matériaux destinés au contact alimentaire, notamment pour le poisson frais, congelé, transformé ou en conserve. Ces restrictions portent sur la présence de substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS), dont les teneurs ne doivent pas dépasser certains seuils définis par le texte. À cela s’ajoute l’obligation, pour les fabricants, de fournir une documentation technique et une déclaration de conformité européennes, les fournisseurs devant par ailleurs communiquer l’ensemble des informations requises aux entreprises utilisatrices.
Cet avertissement des autorités revêt une importance particulière pour la filière tunisienne des produits de la mer, fortement orientée vers les débouchés communautaires. En 2025, le pays a exporté 35 500 tonnes de ces produits, pour une valeur totale de 878 millions de dinars, soit environ 260 millions d’euros. L’Italie demeure le premier client, avec une part de 28 % des expéditions, suivie par l’Espagne, la Libye, l’Algérie et le Japon. D’autre part, l’adaptation des conditionnements est essentielle pour prévenir les retards d’expédition, les contentieux documentaires et les difficultés d’accès au marché européen, en particulier pour les crustacés, les mollusques, le poisson frais et les conserves. Qui plus est, l’Union européenne constitue pour ces segments l’un des principaux débouchés de la Tunisie. En sus, le non-respect des nouvelles règles exposerait les exportateurs à des refus aux frontières ou à des pénalités commerciales. Par conséquent, la mise en conformité rapide apparaît comme une condition nécessaire pour maintenir les courants d’échange existants et préserver la compétitivité du secteur sur ce marché stratégique.
MBY