Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé, dans un communiqué publié ce jeudi 7 août, la multiplication des pratiques consistant à reprendre et détourner les publications, déclarations et contenus produits par des journalistes tunisiens sur les réseaux sociaux.
Selon le syndicat, plusieurs pages, dont certaines usurpent la qualité de médias ou opèrent en dehors de tout cadre professionnel, republient ces contenus en les sortant de leur contexte afin de servir des agendas politiques, idéologiques ou des intérêts particuliers, au détriment du droit à une information fiable.
Le SNJT souligne que la diffusion des contenus des journalistes dans l’espace numérique ne doit pas devenir un moyen de les cibler, de faire pression sur eux ou de porter atteinte à leur indépendance éditoriale. Il affirme également qu’il est inacceptable d’attribuer aux journalistes des positions ou des affiliations politiques qui ne reflètent ni leurs convictions ni leur rôle professionnel.
Le syndicat indique que plusieurs journalistes ont été concernés par ces pratiques au cours des mois de juillet et d’août, citant notamment Monia Arafaoui (Dar Assabah), Jihen Alouane (Radio tunisienne), Mourad Allala et Haythem El Mekki, ainsi que d’autres professionnels des médias.
Le SNJT estime que ces procédés, particulièrement lorsqu’ils émanent de pages anonymes ou se présentant abusivement comme des médias, contribuent à discréditer les journalistes, à les exposer à des campagnes de dénigrement, d’incitation à la haine ou de pressions, et à compromettre l’exercice de leur profession dans des conditions d’indépendance et de sécurité.
Le syndicat appelle enfin les acteurs de l’espace numérique à respecter les règles déontologiques en s’abstenant de détourner les contenus journalistiques de leur contexte, et invite les autorités compétentes à lutter contre l’usurpation de l’identité médiatique ainsi que contre les pratiques portant atteinte aux journalistes et à la crédibilité de la profession.