Dans une publication partagée ce soir sur Facebook, l’expert économique Aram Belhaj tire la sonnette d’alarme sur l’évolution du commerce extérieur tunisien, qu’il juge révélatrice d’un risque d' »étranglement structurel » plus profond qu’il n’y paraît.
Le constat chiffré est sans appel : le déficit commercial s’est creusé à 14 957,6 millions de dinars, contre 11 904,2 millions de dinars sur la même période en 2025. Conséquence directe, le taux de couverture des importations par les exportations poursuit sa dégringolade pour la troisième année consécutive, passant de 79,4% à 73,1%.
Si la facture énergétique reste, comme d’habitude, le principal poste déficitaire — elle absorbe à elle seule plus de la moitié du déficit, soit -7 946,1 millions de dinars — c’est ailleurs que se niche, selon l’expert, le vrai signal d’alarme. Le déficit hors énergie a en effet presque doublé en l’espace de deux ans, une tendance qui, à ses yeux, invalide l’explication d’un simple « choc externe passager » lié à la conjoncture internationale.
Autre motif d’inquiétude : le recul de deux secteurs exportateurs traditionnellement piliers de l’économie tunisienne. Le phosphate accuse une baisse de 11,9%, tandis que le textile recule de 3,6%.
Face à cette dégradation, la Banque centrale de Tunisie continue de privilégier une gestion administrative de la situation plutôt qu’une réforme structurelle de fond. Parmi les leviers actionnés : l’obligation de financement propre pour les importations jugées non prioritaires, et le maintien d’un taux d’intérêt directeur élevé.
Pour Aram Belhaj, ces mesures relèvent davantage de la gestion de crise à court terme que d’une réponse aux causes profondes du déséquilibre. Sa conclusion est sans détour : la Tunisie fait face à une fragilité économique qui s’accumule et qui appelle une vigilance accrue, ainsi que des réformes structurelles urgentes, avant qu’il ne soit trop tard.