Depuis Parasol et Startup, Heifel Ben Youssef s’est imposé comme l’un des réalisateurs qui portent le feel-good movie tunisien, ce cinéma optimiste qui mise sur l’humour et les émotions simples du quotidien pour faire du bien au public. Il poursuit dans cette voie avec son troisième long-métrage, « Dar El 3ers », dont l’avant-première s’est tenue le vendredi 18 septembre au cinéma Le Colisée.
L’idée du film est originale et pleine d’humour : deux familles que tout oppose doivent préparer, en une seule semaine, le mariage de leurs enfants. Les traditions s’entrechoquent, les malentendus s’enchaînent et les situations aussi drôles qu’attachantes se succèdent sur un rythme soutenu. Le ton reste léger et doux du début à la fin. Le film mise sur l’émotion et le rire pour parler de famille et de tradition.
Un film qui nous ressemble
« Dar El 3ers » est un film qui nous ressemble. Il agit comme un miroir dans lequel on se reconnaît trop vite. On y retrouve la tante qui a un avis sur tout, la course contre la montre des préparatifs, les petites disputes qui finissent en éclats de rire. Ces scènes, chacun de nous les a vécues ou observées autour de lui, dans sa propre famille ou chez des proches. C’est ce qui rend l’histoire si proche de nous.
Le film nous plonge dans les détails d’un mariage tunisien, avec ses codes, ses rituels et ses petits imprévus. Il fait rire tout en rappelant l’essentiel : au-delà des différences et des querelles, ce sont les liens entre les proches qui comptent le plus. On en ressort avec le sourire, après un vrai moment de bonheur et d’évasion.
Un casting qui fait la différence
Le choix des acteurs contribue à cette réussite. On retrouve à l’affiche Mohamed Saber Oueslati, Wajiha Jendoubi et Jihed Cherni, des comédiens que Heifel Ben Youssef a déjà dirigés. Leur complicité avec le réalisateur se sent à l’écran.
À leurs côtés, Sihem Msaddak livre un rôle qui lui va parfaitement, avec justesse et sincérité : un très bon choix. Chedly Arfaoui est fidèle à lui-même, toujours aussi naturel et drôle, et apporte beaucoup de vie à chacune des scènes. Khouloud Jlidi, Nabil Ben Mesmia et les autres comédiens viennent compléter le puzzle et l’embellir, chacun apportant sa touche personnelle.
Le casting est cohérent et fluide, et chacun semble avoir trouvé le rôle qui lui correspond le mieux. La journaliste Samia Hammi fait même une apparition devant la caméra. Elle réussit elle aussi son passage à sa façon, avec beaucoup de naturel, et ajoute une belle touche de fraîcheur au film.
Un cinéma populaire, fait pour rassembler
Heifel Ben Youssef n’en est pas à son coup d’essai. Projet après projet, il a construit un cinéma tunisien populaire, proche du vécu des gens et de leurs codes sociaux. Avec « Dar El 3ers », il signe un film pensé pour réunir petits et grands autour d’une histoire universelle : derrière la fête et l’agitation, c’est toute une famille qui se dévoile, avec ses défauts, ses tensions et surtout sa tendresse.
Le film sera à l’affiche à partir du 23 septembre dans les grandes salles de cinéma.
Khouloud Azzabi