Le suspense aura été de courte durée. Réuni en session extraordinaire ce samedi 26 septembre, le Conseil national du Parti Justice et Développement (PJD) a tranché à l’unanimité : le parti ne participera pas au prochain gouvernement et rejoindra les rangs de l’opposition. Une décision qui met fin aux spéculations qui agitaient la scène politique marocaine depuis les élections législatives du 23 septembre dernier.
Ce scrutin avait relégué le PJD à la quatrième place, avec 54 sièges, loin derrière le Parti Authenticité et Modernité (PAM), arrivé largement en tête avec 97 sièges. Le Rassemblement National des Indépendants (RNI) et le parti de l’Istiqlal complètent le podium, avec respectivement 66 et 65 sièges.
En réalité, la décision du Conseil national n’a fait qu’entériner un choix déjà largement anticipé. Quelques jours plus tôt, le Secrétaire général du parti, Abdelilah Benkirane, avait donné le ton en excluant catégoriquement toute participation à un gouvernement dirigé par le PAM, qualifié sans détour de « parti dangereux ». Il avait alors laissé entendre que sa conviction personnelle penchait fermement vers la non-participation, tout en prenant soin de renvoyer le verdict final au Conseil national — seule instance habilitée, statutairement, à trancher une question d’une telle portée.
Benkirane avait également nourri le débat en évoquant des doutes persistants sur la régularité du scrutin, pointant des irrégularités qui auraient, selon lui, entaché le processus électoral. Un argument qui semble avoir pesé dans la bascule du parti vers l’opposition plutôt que vers une hypothétique participation gouvernementale.
Concrètement, le PJD entamera donc sa nouvelle mandature parlementaire depuis les bancs de l’opposition, dans une configuration politique redessinée par les urnes, où les équilibres entre majorité et opposition à la Chambre des représentants s’annoncent sensiblement différents de la législature précédente.
Reste désormais à connaître le nom du futur chef de gouvernement, dont la nomination est suspendue à l’audience royale attendue dans les prochains jours. Une fois cette désignation actée, les consultations pour la formation du nouvel exécutif pourront officiellement démarrer.
Pour rappel, le 23 septembre 2026, les Marocains ont renouvelé les 395 sièges de la Chambre des représentants. Le scrutin a été marqué par une abstention record : seuls 38,02 % des inscrits se sont déplacés, un plus bas depuis 2007, contre 50,18 % en 2021 — les jeunes de 18-24 ans étant particulièrement absents des urnes.
Côté résultats, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) crée la surprise en arrivant en tête avec 97 sièges, devançant ses anciens partenaires de la coalition sortante, le RNI (66 sièges) et l’Istiqlal (65 sièges), dont les positions se trouvent inversées. Le Parti Justice et Développement (PJD) signe, lui, un net retour avec 54 sièges, contre 13 seulement en 2021.
Sans majorité claire, le paysage parlementaire s’annonce désormais éclaté, imposant de longues négociations pour former le futur gouvernement — négociations qui débuteront dès la nomination, par le Roi, du prochain chef de l’exécutif.