Le théâtre tunisien perd l’un de ses visages les plus attachants. Salah Rahmouni, « Am Salah » pour tous ceux qui l’ont côtoyé, nous a quittés, plongeant dans la tristesse la scène artistique et toute la famille de la troupe de la Ville de Tunis.
Figure de la génération dorée de cette troupe, il avait fait ses premiers pas dans l’expérience du Théâtre d’essai, au milieu de grands noms comme Slim Mahfoudh et Aziza Boulbiar. Il avait ensuite rejoint la troupe municipale, à laquelle il a donné plus de quarante réalisations, au théâtre comme à la télévision et au cinéma.
Sur scène, il a traversé quelques-uns des classiques du répertoire national, sous la direction de metteurs en scène tels qu’Ali Ben Ayed et Abdelmajid Lakhal. Son rôle le plus marquant reste celui du « propriétaire de l’âne » dans « Thawrat Sahib El Himar » (1969), où il tenait le premier rôle. Il a aussi joué dans « Bayn Noumayn » (1978), « Darabni wa Baka » (1964) et « Layla min Alf Layla wa Layla » (1954), ainsi que dans « Yodhhar Li Waqt » d’Abdelaziz Mahrezi. Le personnage d’« El Hallaj » l’a accompagné dans trois mises en scène différentes, celles de Moncef Souissi, de Béchir Drissi et de Chérif Khazendar.
Le grand public le connaissait aussi à l’écran. Sa voix singulière et son jeu tout en retenue avaient séduit les téléspectateurs dans « Hikayat Abdelaziz El Aroui » (1974), puis dans « El Khottab Ala El Bab » (1996), devenu l’un des feuilletons les plus populaires de la télévision tunisienne. Il y a ajouté « El Hamama wa Es-Saqi’ » (1998), où il incarnait « Issa », ainsi que « Matous » (2000), « Er-Rihana » (2001), « Dhafayer » (2001), « Taxi » (2005) et « Ikhwa wa Zaman ». Au cinéma, on se souvient de lui dans « Misunderstood » (1984), une coproduction internationale dans laquelle il jouait « Rachid ».
La radio lui doit également de beaux moments, avec des œuvres comme « El Awabed », « Et-Tahar Haddad », « Houmetna » et « Rahmana », parmi une longue liste de productions.
Paix à son âme.