Le Syndicat national des journalistes tunisiens organise son septième congrès national les 10 et 11 octobre à Tunis. Cet important rendez-vous devrait permettre aux participants de définir les grandes lignes de l’action du SNJT et élire un bureau directeur appelé à concrétiser la stratégie du syndicat pour les années à venir.
Par Hatem Bourial
Fondé en 2008 et ayant pris la suite de l’Association des journalistes tunisiens, le SNJT est aujourd’hui l’organisation représentative du secteur en rassemblant les journalistes tunisiens et en défendant leurs droits moraux et matériels ainsi que la liberté de la presse. Dans cet esprit, tout en assurant la protection des droits économiques des journalistes, le SNJT monte régulièrement au créneau pour mobiliser le secteur dans une conjoncture difficile.
En septembre dernier, le syndicat avait engagé une forte mobilisation pour la défense de quatre journalistes détenus et avait notamment entamé des concertations pour enclencher les mécanismes d’une grève générale nationale dans le secteur des médias. Dénonçant une détérioration du climat général, le président du syndicat avait alors évoqué un « état d’urgence « pour qualifier la situation du secteur. Dans le même élan, Zied Dabbar avait alerté l’opinion publique sur les dégradations inquiétantes subies par le secteur et les conséquences des pressions exercées sur les journalistes.
Défense de la liberté de la presse et des journalistes détenus
À la veille du congrès, les journalistes tunisiens sont en quête de cohésion et cherchent à défendre le rôle de la presse dans son ensemble et son devoir d’offrir à l’opinion un reflet fidèle des réalités politiques, économiques et sociales. Dans cet esprit, le rôle et la liberté du journaliste sont essentiels. Ce dernier a pour mission de véhiculer une information fiable qui ne soit pas tributaire d’une quelconque censure ou propagande.
Ainsi, ce sont les conditions d’exercice de la profession de journaliste qui sont au cœur de la doctrine du syndicat qui dénonce les pressions que pourraient subir les professionnels dans l’exercice de leur métier. L’amendement de l’article 24 du décret-loi 54 est d’ailleurs intervenu une dizaine de jours avant le congrès du SNJT. Ce texte de loi dont le syndicat réclamait l’abrogation a ainsi connu plusieurs modifications perçues comme allant dans le sens d’un assouplissement. Les travaux du congrès analyseront probablement la nouvelle teneur de cet article 24 et évalueront les conséquences de ce changement qui a pour effet de desserrer l’étau pénal qui pesait sur la profession.
Vigilance accrue dans la défense des droits économiques et moraux des journalistes
Autre enjeu de ce congrès, la stratégie du syndicat devrait être redéfinie à l’aune des difficultés connues par le secteur. Organe de protection des droits des journalistes, le SNJT fera certainement preuve d’une vigilance accrue dans la défense des droits économiques et moraux de la profession. Tout en veillant à l’indépendance des journalistes et à un accès aux sources d’information, la prochaine direction aura à définir les grandes orientations générales de la corporation dans un contexte réputé difficile.
De même, il ne fait pas de doute que le congrès confirmera la forte mobilisation pour la liberté des journalistes détenus. Cette question est au cœur des préoccupations actuelles du secteur et devrait non seulement marquer ces assises d’octobre mais également structurer les actions futures. Enfin, à un niveau plus global, la réaffirmation des grands principes devrait constituer un facteur supplémentaire de cohésion.
En effet, ce congrès se tient alors que le débat autour de la liberté d’expression bat son plein au sein d’une profession qui continue de lutter pour la liberté de la presse, la protection des sources et l’indépendance éditoriale. En ce sens, le SNJT devrait sans doute préciser sa position en ce qui concerne les nouvelles modalités de l’application des textes relatifs à la liberté d’information, notamment le décret-loi 54.
Porter les revendications syndicales et démocratiques de la profession
Un autre enjeu important concerne la participation du SNJT à l’instance de coordination avec plusieurs autres organisations. Cette instance a annoncé l’organisation d’une marche nationale à Tunis, le samedi 17 octobre. L’Union générale tunisienne du travail, l’Ordre national des avocats tunisiens et la Ligue tunisienne des droits de l’homme comptent parmi les participants à ce mouvement auquel se joindra le Syndicat national des journalistes tunisiens et plusieurs organisations signataires d’une déclaration commune.
Dans ce texte sont évoqués plusieurs aspects de la situation économique, sociale et politique actuelle, y compris la dégradation du pouvoir d’achat et le recul connu par le service public dans certains domaines. De même, cette initiative de coordination affirme son attachement à la défense des libertés publiques et individuelles, entre autres la liberté de presse. De la sorte, le SNJT s’inscrit dans une dynamique plus large et un programme commun de mobilisations qui devrait être confirmé par le congrès des 10 et 11 octobre.
Entre les urgences et les stratégies à terme, les congressistes auront du pain sur la planche et devraient voir leurs travaux placés sous le double signe de la cohésion et de la résilience d’une profession « en mode de lutte « et profondément engagée pour le progrès. Le prochain bureau directeur issu des élections qui interviendront lors du congrès aura également du grain à moudre pour concrétiser les grandes orientations du SNJT et porter les revendications syndicales et démocratiques de la profession.
15 candidats en lice pour le bureau exécutif
Quinze journalistes sont officiellement candidats à l’élection du bureau exécutif du Syndicat national des journalistes tunisiens, lors de son prochain congrès. Le bureau sortant a reçu ces candidatures dans les délais légaux, puis vérifié qu’elles répondaient aux conditions du statut du syndicat avant de dresser la liste définitive.
Par ordre alphabétique, on y trouve Amine Dhbaibi, Ayman Rabïi, Bochra Sallami, Jihene Elouati, Habiba Abidi, Zied Dabbar, Slim Boukhdhir, Siwar Amaidia, Tarek Ben Maâouia, Adel Riahi, Abderraouf Bali, Awatef Jebali, Karim Wannes, Nedra Ben Rejeb et Noureddine Ahmed.