Le Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) a organisé à Tunis une rencontre consacrée à la “Plateforme de partenariat pour la localisation des Objectifs de développement durable (ODD)”. Ce dispositif vise à renforcer la coordination entre les quatre niveaux territoriaux (national, régional, municipal et local), afin de mieux articuler les programmes de développement et les besoins des collectivités. Il s’appuie sur un système d’aménagement du territoire déjà existant, avec l’ambition d’en améliorer la cohérence et de multiplier les possibilités de coopération.
La Tunisie et le Sénégal sont les deux pays pilotes de cette initiative. En Tunisie, cinq municipalités ont été sélectionnées : Kélibia (Nabeul), Sened (Gasfa), Sejnane (Bizerte), Zahret Medyen (Béja) et Bechri Fatnassa Negga (Kébili). Le choix de ces communes tient compte des particularités de ces dernières : côtière, rurale, dense, moins dense.
Lors d’une entrevue accordée à Réalités Online, Martino Miraglia, Chef de l’équipe de localisation des ODD à ONU-Habitat à Nairobi, a affirmé : “Le travail de la Tunisie est un travail pionnier. Nous espérons que la plateforme de partenariat pour la localisation des ODD permettra de le consolider, de le systématiser et de comprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Afin que l’expérience tunisienne puisse inspirer d’autres pays à travers le monde”.
La rencontre a également permis de mettre en lumière les difficultés auxquelles les collectivités sont confrontées dans la réalisation de leurs objectifs de développement. Les représentants des territoires ont notamment évoqué les dégâts provoqués par les inondations sur les infrastructures, les insuffisances qui freinent l’activité agricole et le manque de moyens financiers pour répondre aux besoins locaux. L’extension des limites territoriales de certaines communes en 2016, sans augmentation proportionnelle des budgets alloués, a également été citée parmi les difficultés rencontrées. L’enjeu et l’objectif du programme est de dynamiser ces régions, et attirer des investisseurs.
Face à ces contraintes, la plateforme entend favoriser une coopération plus étroite entre les collectivités, les administrations nationales et les partenaires internationaux. Les échanges d’expériences, notamment avec des partenaires italiens, doivent contribuer à identifier des solutions adaptées aux spécificités de chaque territoire. L’enjeu est de faire le lien entre les engagements internationaux, les ambitions nationales et les réalités locales.
Louis Boutet