Secoué par les échecs à répétition de sa sélection représentative, le football tunisien cherchera ce week-end une éclaircie par le biais des compétitions africaines des clubs. Dans ce 2e tour préliminaire, il rêve de réussir un carton plein qui mettrait du baume au coeur des tifosis. Mais la tâche s’annonce ardue au moins pour trois parmi ses quatre ambassadeurs, seul le Club Sfaxien héritant manifestement d’un rival largement à sa portée si, bien entendu, la logique est respectée.
En effet, c’est un illustre inconnu du circuit continental, l’Académie de Foot Amadou Diallo (AFAD) qui donnera la réplique à un ensemble noir et blanc au palmarès impressionnant dans cette Coupe de la Confédération. Mais gare aux surprises au match aller prévu aujourd’hui (17H) au stade Félix Houphouet-Boigny d’Abidjan ! En effet, les Ivoiriens espèrent jouer sur l’effet de surprise, eux sur lesquels on connaît très peu d’informations. Mais, au final, le match retour une semaine plus tard (samedi 24 octobre à 18H) à Sfax doit permettre aux Sudistes de se débarrasser de ce novice aussi ambitieux soit-il.
Par contre, le prochain adversaire de l’Espérance Sportive de Zarzis est tout sauf un blanc-bec. Sept fois Champion du Mali et dix fois vainqueur de la Coupe nationale, l’AS Real Bamako avait disputé en 1966 la finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions. C’est tout simplement le club de la légende du foot malien, Salif Keita, Ballon d’or africain 1970 quand il portait les couleurs du club français l’AS Sain-Etienne. Il va de soi que les Zarzissiens doivent faire le plein à domicile, au stade Mhiri de Sfax, dans la perspective d’une manche retour samedi 24 octobre (17H) qui s’annonce chaude et compliquée sur la pelouse Modibo Keita de Bamako.
Le fantôme de Mazembe
Nos deux représentants en Ligue des champions auront, eux, l’avantage de recevoir leurs adversaires au match retour quand ils devront «se partager» le stade de Radès, l’EST samedi 24 octobre (17H), et le CA dimanche 25 octobre (18H). Ce tour doit en effet offrir un éclairage complet sur les ambitions des uns et des autres dans l’édition 2026-2027 de la Champions League.
En fait, pour sa reprise dans cette compétition, le Club Africain n’a pas été gâté en héritant de son tombeur en février 2019 de la manière la plus douloureuse qui soit par le score de 8 à 0 à Lubumbashi. Les Corbeaux ne sont certes plus ce qu’ils étaient, mais la méfiance est toujours de mise, d’autant plus que la bande à Maher Kanzari a placé l’accès en phase des poules comme un objectif minimum pour leur aventure africaine. Reste à savoir si cette trêve internationale ne va pas couper l’élan d’un Champion parti à cent à l’heure et ralentir sa progression.
Combien de victimes expiatoires a-t-on apostrophées depuis le triomphe de 1991 sous la conduite du Roumain Ilie Balaci ? Forts d’une stabilité retrouvée, les Rouge et Blanc misent désormais sur un projet comprenant entre autres un bon parcours africain cette saison où le club de Bab Jedid fête ses 106 ans d›existence.
Enfin, c’est un derby passionnant que va négocier l’Espérance Sportive de Tunis dans ce dernier examen avant de rejoindre la phase des groupes que les Sang et Or ne ratent jamais plus. Certes, Souihli SC, basé à Misrata n’en est qu’à son premier Championnat de Libye depuis sa fondation en 1944, en plus de trois finales de Coupe perdues. Mais il s’est, lui aussi, fortement renforcé, dépensant plus d’une dizaine de millions de dinars pour engager six à sept grosses pointures. De toute façon, les fans mkachkhas attendent avec curiosité de découvrir l’EST version l’Espagnol Pablo Franco Martin. «Je privilégie l’aspect offensif, a-t-il assuré. Mais on connaît nos lacunes défensives de l’heure sur lesquelles nous devons travailler énormément. Bref, la chance d’entraîner un des plus grands clubs d’Afrique ne se présente pas tous les jours».
Il faut dire que le club de Bab Souika s’est énormément renforcé durant cet été, le Brésilien Lucas Ribeiro se révélant comme la dernière perle à rejoindre le Parc «B» nonobstant le litige portant sur 4 millions de dollars à payer aux Sud-africains de Mamelodi Sundowns. Toutefois, l’EST doit remplacer les Tougay, Ogbelo et Tka, tous partis, et fort précieux volet défensif et de récupération.
Bref, les deux semaines de travail seront-elles suffisantes au stratège champion du Maroc 2026 à la barre du Moghreb de Fès pour présenter une équipe compétitive et à forte personnalité contre un ensemble aussi coriace que le champion de Libye ?
Attendons de voir…