Le sultanat d’Oman a présenté sa stratégie nationale de développement de la mobilité aérienne avancée lors du salon et de la conférence « Bigtech Africa 2026 », organisés à Tunis les 12 et 13 octobre, dans le cadre de sa démarche visant à mettre en place un écosystème économique et industriel intégré fondé sur les activités aériennes à basse altitude.
Cette présentation a eu lieu lors d’une session internationale intitulée « Mobilité aérienne avancée : fiction ou réalité ? », réunissant des experts et des représentants d’institutions d’Oman, de France, du Canada et de Tunisie, afin d’examiner les perspectives de développement de ce secteur ainsi que les défis réglementaires, technologiques et économiques qui lui sont associés.
L’ingénieur Mohamed bin Rached Al Jahwari, représentant du ministère omanais des Transports, des Communications et des Technologies de l’information, a présenté la stratégie nationale du sultanat. Les autres intervenants ont, pour leur part, abordé les expériences internationales et les conditions nécessaires à la construction d’un écosystème intégré reposant sur les infrastructures, la réglementation, l’investissement et l’innovation.
Cette approche s’inscrit dans les transformations que connaissent les secteurs du transport et des technologies. La mobilité aérienne avancée ne se limite plus au développement des drones ou des aéronefs électriques à décollage et atterrissage verticaux (eVTOL). Elle englobe désormais diverses activités économiques associant l’aviation, l’intelligence artificielle, la robotique, la logistique et les systèmes autonomes.
Une économie qui va bien au-delà des drones
La session était animée par Borhene Dhaouadi, directeur général de GUAMobility et chef de l’équipe chargée de la stratégie nationale de mobilité aérienne avancée à Oman, dans le cadre d’une mission confiée au consortium par les institutions omanaises compétentes.
Les échanges ont souligné l’importance de passer d’expérimentations technologiques isolées à la construction d’un écosystème économique intégré. Celui-ci comprend notamment le transport et la logistique aériens, l’agriculture intelligente, la surveillance des infrastructures, la protection civile, les services publics et la gestion du trafic des drones, ainsi que le développement des plateformes numériques et des infrastructures au sol nécessaires à l’exploitation de ces systèmes.
Le succès de ce secteur repose, selon l’approche présentée, sur l’articulation entre les technologies, la gouvernance, la réglementation et l’investissement, ainsi que sur l’identification d’applications répondant aux besoins des marchés et présentant une viabilité économique.
Dans cette perspective, Borhene Dhaouadi a présenté quatre expériences distinctes : l’approche nationale d’Oman, l’expérience régionale française, le modèle urbain canadien et la dynamique émergente en Tunisie. L’objectif est d’en tirer des enseignements susceptibles de contribuer au développement de ce secteur en Afrique.
Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les institutions publiques, les entreprises industrielles, les centres de recherche, les start-up et les investisseurs, afin de développer des chaînes de valeur intégrées plutôt que de multiplier les projets isolés.
L’intervenant a par ailleurs évoqué la possibilité de développer en Tunisie une nouvelle filière technologique appelée « Drobotique », à la croisée des drones, de la robotique, de l’intelligence artificielle et des systèmes autonomes. Cette approche vise à valoriser les compétences nationales et à concevoir des solutions adaptées aux besoins des marchés africains et internationaux.
Oman : une stratégie nationale intégrée
Mohamed bin Rached Al Jahwari, directeur du projet de mobilité aérienne avancée au sein du Centre logistique d’Oman, relevant de l’écosystème du ministère des Transports, des Communications et des Technologies de l’information, a présenté les principaux axes de la stratégie omanaise, inscrite dans les objectifs de diversification économique de la Vision Oman 2040.
L’approche du sultanat vise à mettre en place un écosystème national intégré couvrant la gouvernance, la réglementation, la gestion de l’espace aérien, les infrastructures physiques et numériques, la formation, la recherche, l’innovation, l’industrie et l’investissement.
Elle repose également sur la coordination entre le ministère des Transports, des Communications et des Technologies de l’information, l’Autorité de l’aviation civile et le Centre logistique d’Oman. Cette coopération doit permettre de déterminer les applications prioritaires dans des secteurs tels que la logistique, la santé, l’agriculture, le tourisme, les services publics et la surveillance des infrastructures.
L’objectif ne consiste pas uniquement à introduire de nouvelles technologies dans le domaine des transports.