Alors que le prix des crevettes roses est passé d’environ 60 dinars le kilo durant l’été à 10 dinars sur certains marchés, leur abondance exceptionnelle permet aux consommateurs tunisiens d’accéder à un produit jusque-là considéré comme un luxe. Néanmoins cette prolifération soulève toutefois des interrogations quant à ses conséquences sur la biodiversité marine.
Contacté par Réalités Online, l’expert en environnement Hamdi Hached a expliqué que les conditions météorologiques ont favorisé l’arrivée massive et la prolifération de cette espèce sur les côtes tunisiennes. La hausse des températures de l’eau et les conditions marines favorables pourraient contribuer à cette expansion, en facilitant le développement et la multiplication de ces crustacés.
L’expert a toutefois souligné que cette situation ne durera pas nécessairement. La disponibilité de cette espèce de crevettes pourrait évoluer au cours des prochaines semaines, en fonction des conditions environnementales et du cycle de développement de l’espèce. Dans ce contexte, l’expert a précisé que la période actuelle est particulièrement favorable à la prolifération de ces crevettes.
Toutefois, Hamdi Hached a estimé que, face à la hausse des prix des protéines animales et à la cherté de la vie, cette abondance constitue une véritable opportunité pour les consommateurs. Il a expliqué qu’autrefois considéré comme un produit de luxe, le crustacé est désormais plus accessible aux consommateurs, qui profitent de la baisse des prix pour l’intégrer davantage à leur alimentation.
Interpellé par Réalités Online sur la question de la sécurité sanitaire, Hamdi Hached a assuré que ces crevettes sont propres à la consommation et ne présentent pas de danger pour les consommateurs. Leur abondance constitue ainsi une occasion de profiter d’un produit riche en protéines à un prix accessible, tout en respectant les règles d’hygiène et de conservation.
S’agissant de la congélation, Hamdi Hached recommande de nettoyer les crevettes avant de les congeler afin de pouvoir les consommer ultérieurement, en veillant à ne pas dépasser deux mois de conservation.
Quel impact sur la biodiversité ?
Si cette prolifération constitue une chance pour les citoyens, elle soulève néanmoins des questions environnementales. Une espèce invasive peut entrer en concurrence avec les espèces locales et perturber les équilibres marins. Hamdi Hached a dans ce contexte, reconnu que la présence de ces crevettes peut affecter la biodiversité. Cependant, il a estimé que l’impact reste limité si leur développement ne concerne pas de vastes superficies.
Il a rappelé que d’autres espèces invasives se sont déjà installées durablement en Tunisie. L’enjeu consiste donc à suivre l’évolution de cette nouvelle prolifération et à mesurer ses effets réels sur les écosystèmes, sans exagérer les risques ni les minimiser en l’absence de données scientifiques.
Hamdi Hached a souligné l’importance d’un suivi scientifique rapproché tout en jugeant nécessaire d’étudier des solutions permettant de réguler cette espèce, notamment en identifiant d’éventuels prédateurs naturels susceptibles de contribuer à limiter sa prolifération.