L’expert économique Aram Belhaj a tiré la sonnette d’alarme, dans post publié jeudi sur sa page Facebook, à propos de l’évolution de la dette publique tunisienne entre 2019 et 2026, marquée à la fois par un alourdissement de son poids et par un net basculement vers l’endettement intérieur.
Selon les chiffres qu’il avance, la dette publique totale devrait passer de 67,75% du produit intérieur brut (PIB) en 2019 à 83,7% en 2026. Cette progression s’accompagne d’un changement profond de sa structure : la dette intérieure grimperait de 20% à 55,3% du PIB, alors que la dette extérieure reculerait de 47,6% à 28,4%. En 2019, la dette extérieure représentait ainsi 70,4% de l’encours total et la dette intérieure 29,6%. En 2026, la tendance s’inverserait, avec 66,1% pour la dette intérieure contre 33,9% pour la dette extérieure, un renversement que l’expert souligne avec ironie, au nom du principe du « compter sur soi ».
Le service de la dette s’alourdit également. Il devrait atteindre 12,4% du PIB en 2026, contre 7,8% en 2019. Cette hausse est portée par la dette intérieure, dont le service passerait de 2,26% à 7,5% du PIB, tandis que celui de la dette extérieure reculerait légèrement, de 5,5% à 5%.
Les ressources d’emprunt inscrites au budget de l’État suivent la même pente : elles devraient passer de 7,9% du PIB en 2019 à 14% en 2026. Les emprunts intérieurs bondiraient de 2,1% à 11,7% du PIB, là encore « dans le cadre du compter sur soi », relève Belhaj, alors que les emprunts extérieurs fléchiraient de 5,8% à 2,3%.