Depuis le 22 novembre, la Maison de la Culture Ali Douagi à Hammam Sousse accueille l’exposition personnelle de l’artiste peintre Amel Zguem, une figure montante de la scène artistique contemporaine. Intitulée « Visions troubles », cette nouvelle série d’œuvres offre au public une immersion profonde dans un univers où s’entremêlent fragilité identitaire, perception altérée et questionnements existentiels.
A travers une cinquantaine de toiles aux textures subtiles et aux teintes minutieusement travaillées, Amel Zguem construit un parcours visuel et émotionnel dense, structuré autour de la notion de rupture — rupture avec soi, avec l’image que l’on projette, avec le réel tel qu’on croit le percevoir. Son travail interroge le brouillage des repères intérieurs, ces signaux fragiles qui façonnent notre interprétation du monde et déterminent, souvent à notre insu, notre rapport à l’autre et à nous-mêmes.
Les formes aériennes et parfois presque fantomatiques qui traversent ses toiles semblent surgir puis se dissoudre, comme des fragments de mémoire en mouvement. Chaque œuvre apparaît ainsi comme une fenêtre ouverte sur nos zones d’ombre : elle raconte le passage du trouble initial — ce moment où tout vacille — vers une dissolution plus profonde, un effacement volontaire qui laisse place à une nouvelle lecture du réel.
En proposant cette exposition visible jusqu’au 12 décembre, Amel Zguem invite le visiteur à un exercice rare : réapprendre à regarder. Regarder au-delà des apparences, au-delà de ce que l’œil croit saisir immédiatement, pour questionner les mécanismes de la perception et les fondations mêmes de notre réalité, tant individuelle que collective.
« Visions troubles » n’est pas seulement une exposition ; c’est une expérience introspective, une confrontation poétique et sensorielle avec ce qui nous habite, nous dérange et parfois nous dépasse.