Les nouvelles mesures douanières imposées par le président Donald Trump sont entrées en vigueur ce jeudi. Voulues comme un rééquilibrage des échanges commerciaux, ces surtaxes s’échelonnent de 15 % à 50 %, en remplacement du tarif unique de 10 % en place depuis avril. Elles concernent plus de 60 pays.
Des pays lourdement ciblés
L’Inde et le Brésil figurent parmi les plus durement touchés, avec des droits atteignant 50 %. D’autres pays comme la Suisse (39 %), le Laos, le Myanmar (40 %), l’Irak et la Serbie (35 %) sont également concernés. L’Asie n’est pas épargnée : Taïwan, le Vietnam et le Pakistan subissent des hausses dépassant 19 %.
Le cas tunisien : l’artisanat en première ligne
En Tunisie, la hausse de 25 % des droits de douane entrera en vigueur ce jeudi 7 août. Cette décision s’inscrit dans le même mouvement que les autres surtaxes imposées à travers le monde. L’impact sera particulièrement ressenti par le secteur de l’artisanat, dont les États-Unis représentent le principal débouché à l’export. Les professionnels craignent un recul important de leurs ventes et une perte de compétitivité sur le marché américain.
L’Union européenne obtient un accord fragile
Bruxelles a négocié un accord limitant la hausse à 15 %, assorti d’un engagement à importer de l’énergie américaine pour 750 milliards de dollars et à encourager 600 milliards d’investissements sur trois ans. Mais les divergences d’interprétation entre Washington et la Commission européenne fragilisent cet accord préliminaire.
Alliés malmenés, exceptions rares
Le Japon, malgré un accord commercial récent, n’a pas obtenu de traitement préférentiel et doit faire face à un tarif supplémentaire de 15 %. Seul le Mexique a temporairement échappé à ces nouvelles taxes, bénéficiant d’un délai de 90 jours. Le Canada, en revanche, a vu ses droits grimper à 35 %.
Tensions géopolitiques en toile de fond
Washington reproche à l’Inde son manque d’ouverture économique et ses achats de pétrole russe. De son côté, le Brésil estime que les surtaxes sont liées aux poursuites visant Jair Bolsonaro. Plusieurs pays cherchent désormais à diversifier leurs marchés pour réduire leur dépendance aux États-Unis.
Des inquiétudes économiques persistantes
Ces mesures, censées accroître les recettes fiscales américaines, font craindre un effet inflationniste. Le taux moyen des droits pourrait atteindre 20 %, un niveau inédit depuis les années 1930. La croissance, déjà ralentie, pourrait en pâtir davantage selon les analystes, tandis que d’autres hausses sectorielles sont d’ores et déjà envisagées.