À travers un partenariat avec TAI, Airbus mise sur la Tunisie pour former les pilotes de demain

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La Tunisie ambitionne de devenir un hub régional de formation aéronautique. Ce positionnement s’est concrétisé, avec l’intégration officielle de The Aviator Institute (TAI) au réseau mondial Airbus Flight Academy. Un partenariat stratégique qui intervient dans un contexte de pénurie mondiale de pilotes et de montée en puissance des besoins en compétences qualifiées dans le secteur aérien.

En présence de représentants d’Airbus, de Nouvelair, des autorités et de nombreux acteurs du secteur, TAI a présenté ses programmes, ses infrastructures et sa vision à long terme, confirmant sa volonté de structurer durablement la formation aéronautique depuis la Tunisie vers l’Afrique et le Moyen-Orient.

Une réponse à un déficit mondial de compétences

Selon les projections d’Airbus, les besoins en pilotes vont exploser au cours des prochaines décennies. « Dans les vingt prochaines années, le monde aura besoin de 630 000 nouveaux pilotes, dont près de 89 000 pour l’Afrique et le Moyen-Orient », a déclaré Laurent Negre, Vice President Customer Service Airbus Afrique et Moyen-Orient au micro de Réalités Online.

Un chiffre qui illustre l’ampleur du défi. Pour Airbus, il ne s’agit plus seulement de vendre des avions, mais d’accompagner l’ensemble de l’écosystème, notamment la formation des ressources humaines.

« Nous avons besoin d’écoles crédibles, capables de former selon des standards internationaux. C’est dans ce cadre que s’inscrit notre partenariat avec The Aviator Institute », a-t-il souligné.

TAI, quinze ans de construction progressive

Fondée en 2010 sous le nom de Safe Flight Academy par le groupe TTS, l’académie s’est progressivement imposée comme un acteur central de la formation aéronautique en Tunisie. L’entrée du groupe Avico dans son capital en 2016 a marqué une accélération de son développement.

Aujourd’hui rebaptisée The Aviator Institute, l’école revendique quinze années d’expérience, une flotte moderne, des simulateurs avancés et une double certification tunisienne et européenne (EASA), unique dans le pays.

Depuis sa création, TAI a formé plus de 250 pilotes, dont plusieurs exercent aujourd’hui au sein de compagnies du Moyen-Orient, d’Asie et d’Europe.

« Ce partenariat avec Airbus est l’aboutissement d’un parcours d’excellence fondé sur la standardisation et la qualité », explique Anis Faidi, Directeur général de TAI lors d’une déclaration accordée à Réalités Online en marge de l’événement.

Pour le DG de TAI, l’accord avec Airbus dépasse la simple dimension académique. « C’est un message fort de confiance envers la Tunisie comme destination crédible pour la formation aéronautique », affirme Anis Faidi.

Selon lui, la réussite de TAI repose sur la compétence locale, renforcée par des partenariats internationaux, notamment avec Brookfield Aviation et Avico Group.
« Nous faisons partie intégrante du système de l’aviation civile tunisienne. Mais sans le soutien des autorités et une adaptation de la réglementation, cette ambition restera limitée », prévient-il.
Parmi les projets structurants figure le Nouvelair Pilot Cadet Program, développé en partenariat avec la compagnie tunisienne. Ce programme propose un parcours complet menant directement à l’emploi, combinant formation théorique, simulateur et heures de vol encadrées.

« Le renforcement des capacités locales permet de créer de l’emploi et de répondre aux besoins régionaux », souligne Chokri Zarrad, PDG de Nouvelair.

L’objectif est d’éviter l’exode des talents et de connecter directement la formation au marché du travail, un point souvent défaillant dans les systèmes éducatifs traditionnels.

La stratégie de TAI repose également sur la centralisation progressive de ses activités à l’aéroport international de Monastir.

Un investissement global supérieur à 15 millions de dinars est prévu pour développer :

des hangars de maintenance,

des ateliers Part-147,

des laboratoires spécialisés,

des infrastructures pédagogiques modernes.

À terme, l’institut prévoit de former entre 80 et 120 pilotes par an et de renforcer sa flotte d’entraînement.

Ce choix vise à créer un pôle cohérent, lisible et attractif à l’échelle régionale, dans une plateforme non saturée et favorable à l’apprentissage.

TAI insiste sur une approche systémique de la formation. Dès fin 2026, l’institut prévoit de lancer des formations agréées Part-147 pour techniciens de maintenance (B1 et B2), validées par les autorités tunisiennes et européennes. « La sécurité ne se joue pas uniquement dans le cockpit », rappelle Anis Faidi.

Maintenance, navigabilité, gestion des opérations, personnel navigant commercial : l’institut élargit son offre pour couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur aéronautique.

Un positionnement stratégique dans un contexte où les métiers techniques sont parmi les plus recherchés au niveau international.

Un levier industriel déjà existant

Le partenariat s’inscrit également dans un écosystème industriel déjà présent en Tunisie. Airbus Atlantique Tunisia produit des pièces d’aérostructures pour la famille A320, la plus répandue au monde. Plus de 1 200 ingénieurs et techniciens tunisiens travaillent aujourd’hui sur ces sites.

« La Tunisie et son savoir-faire voyagent chaque jour à bord des avions d’Airbus partout dans le monde», explique Laurent Negre à Réalités Online.

Un argument supplémentaire en faveur d’un ancrage durable du constructeur européen dans le pays.

L’intégration au réseau Airbus Flight Academy implique l’adoption de méthodes pédagogiques basées sur les compétences (CBTA), des processus de sélection stricts et une culture de sécurité alignée sur les standards de l’OACI. TAI revendique une approche « Just Culture », favorisant la transparence et la prévention des risques.

Lire aussi: The Aviator Institute (TAI) s’allie à Airbus : L’envol d’une nouvelle génération de pilotes depuis la Tunisie (Vidéo)

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