Gaza, Ukraine, France-Algérie, Soudan, feux de forêt, taxes douanières américaines… Le monde traverse un été incendiaire qui fait monter la pression militaire, diplomatique, économique et commerciale dans tous ses recoins. L’accalmie ne semble pas prévue pour la rentrée, contrairement à de probables nouvelles escalades sociales en France, diplomatiques et militaires en Ukraine et à Gaza, dans un contexte de divisions politiques de plus en plus marquées dans tous les gouvernements de la Maison-Blanche à Tel-Aviv en passant par Bruxelles et d’autres capitales occidentales. Dans le camp arabe, à l’expectative d’un dénouement providentiel dans la bande de Gaza s’ajoute une inquiétude de plus en plus vive pour l’avenir de la région sous domination sioniste totale.
La course à l’armement partout à travers le monde, surtout chez les superpuissances occidentales, et le virage belliqueux pris par les relations internationales depuis la guerre en Ukraine et puis celle à Gaza augurent des lendemains incertains à hauts risques de conflits généralisés. La réoccupation militaire de la totalité de la bande de Gaza, comme le souhaitent Benyamin Netanyahu et son gouvernement d’extrême-droite en dépit de l’opposition de la communauté internationale, menace d’instabilité tous les pays de la région du Moyen-Orient qui risque de s’embraser, un risque que l’Arabie saoudite a souligné dans un ton ferme, après l’annonce de Netanyahu d’occuper totalement Gaza (70 à 75% du territoire sont déjà conquis), dans l’espoir de convaincre le gendarme du monde de stopper la furie sioniste extrémiste. Mais Trump ne compte pas le faire, il est en phase avec le premier ministre sioniste qui, lui, compte «terminer le travail» d’extermination et exécuter son plan d’occupation qui vise en premier l’éradication de Hamas avant tout autre objectif, avant même la libération des 49 otages israéliens retenus encore dans l’enclave depuis 22 mois dans des conditions difficiles, pas plus que celles des Gazaouis massacrés, affamés, assoiffés, déplacés, torturés. Hamas, de son côté, de plus en plus déterminé, n’a plus rien à perdre et joue son va-tout, il promet à l’armée sioniste que dans le cas échéant, son avancée dans l’enclave «ne sera pas une promenade pour ses soldats». Le premier ministre sioniste qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international prononcé par la CPI prétend, pour sa part, qu’il ne reste plus que deux bastions du Hamas à prendre : Gaza ville et les camps d’Al Mawasi situés à 5 kilomètres. Des analystes occidentaux, de plus en plus nombreux et bruyants, et même israéliens, prédisent pour Netanyahu une fin malheureuse, rien à voir avec une victoire glorieuse, même s’il mènera son plan à terme à Gaza.
Du côté de l’Ukraine, ce qui semble être «un deal» entre Trump et Poutine pour instaurer la paix dans la partie Est de l’Europe, à savoir «l’échange de territoires», la Russie ne comptant pas rendre les territoires annexés depuis 2022, ne semble pas convenir au président ukrainien Zelensky qui a déjà annoncé, avant la tenue du sommet Trump-Poutine du 15 août en Alaska, qu’il ne cèderait aucun bout de l’Ukraine à la Russie. Malgré la volonté des deux côtés d’aboutir à un accord de paix, la guerre en Ukraine n’est toujours pas sortie de l’ornière des exigences des belligérants, le président russe et certains dirigeants européens soutenant encore Zelensky et refusant d’être écartés des négociations pour tout accord de paix. Le torchon devrait continuer de brûler entre la Russie et l’Europe —personne ne sait pour combien de temps encore—, au nom d’une prétendue menace russe, puisque les capitales occidentales ont été exhortées par Donald Trump d’augmenter chacune son budget de l’armement à 5% du PIB afin de pouvoir assurer leur propre défense en cas de conflit armé avec la Russie. Une gageure pour la majorité des pays européens qui devront sacrifier leurs politiques sociales et s’exposer à des déficits budgétaires abyssaux et des tensions sociales sérieuses et imminentes. En France, le «mouvement 10 septembre» est déjà annoncé, certains s’attendent à un scénario similaire à celui des «Gilets jaunes».
Branle-bas de combat
En Europe, toujours, une autre guerre prend feu, elle oppose la France à l’Algérie. Encore au stade médiatique et diplomatique, la crise est en train de suivre une courbe ascendante en sanctions et contre-sanctions et des deux côtés de la rive méditerranéenne, on s’interroge jusqu’où elle ira. Jusqu’à la rupture totale ? Tous les rapports économiques et un bon nombre d’analystes géopolitiques affirment que les conséquences de cette crise seront gravissimes pour les deux parties : la France a beaucoup à perdre sur le plan économique, en l’occurrence son leadership historique en Algérie, pays riche, qui fait 5 fois la superficie de la France ; l’Algérie perd sur les plans logistique et humain du fait qu’au moins deux millions de ressortissants algériens vivent en France et risquent d’être abandonnés à leur propre sort. La crise a pris des proportions démesurées, surtout médiatiques, par rapport aux raisons invoquées alors que la diplomatie sage des hommes d’Etat a tous les moyens de régler les différends selon les termes des accords bilatéraux et les règles de l’art diplomatique. La crise franco-algérienne n’est pas près de s’apaiser, elle risque même de s’embraser et d’impacter les relations entre les pays du bassin méditerranéen qui pourraient être amenés, encore une fois, à choisir un camp contre l’autre. La partie aurait déjà commencé au sein de l’Union européenne où l’extrême droite européenne souffle le chaud et le froid.
Aux désastres des conflits armés et des crises diplomatiques, il faut ajouter l’incendie tarifaire et le branle-bas de combat mondial imposé par le président américain au commerce international et aux échanges entre les pays soumis à de nouvelles taxes, punitives pour certains. Le président américain a des raisons de défendre les intérêts de son pays mais la manière et la posture qu’il adopte lui collent une image inamicale d’un président ultraconservateur et raciste. Passé le choc asséné aux gouvernements et aux bourses du monde entier, cet été aura été soucieux et studieux pour les responsables et experts financiers, surtout en période de préparation des budgets de 2026, une année qui s’annonce plus austère que les précédentes et probablement plus chaudes sur le plan social.
Autres sujets, autres incendies. Les feux de forêt. Un phénomène d’été qui ravage les récoltes, les forêts et tout ce qu’elles comptent comme ressources naturelles et économiques. Le feu a dévoré d’importantes superficies, essentiellement dans le Sud de l’Europe, au Canada, aux Etats-Unis d’Amérique. En juillet dernier, les médias parlent de «feux titanesques» frappant les USA, d’«été noir». Près d’un million d’hectares ont été ravagés depuis le début de l’année aux Etats-Unis. Pour la même période, les superficies parties en fumée en Europe sont deux fois supérieures à la moyenne sur 18 ans allant de 2006 à 2024 et 3,5 fois plus en France, le département de l’Aude venant d’être ravagé par un feu spectaculaire. Les feux de forêt ont visiblement encore de beaux jours devant eux car dans la plupart des cas, l’origine est humaine, intentionnelle ou accidentelle. La Tunisie n’est pas en reste. A la date du 10 juillet 2025, les incendies ont ravagé 550 hectares de surfaces naturelles dont 297 ha de zones forestières et semi-forestières. Selon le directeur de la conservation des forêts (direction générale des forêts, ministère de l’Agriculture), Sahbi Ben Dhiaf, dans un entretien accordé à la TAP en juillet dernier, 95% des incendies sont d’origine humaine dus à des actes délibérés ou à un manque de vigilance. Dans ce dossier, la sensibilisation du public reste le maître-mot d’une mobilisation nationale pour la préservation des forêts et des récoltes.