La National Oil Corporation (NOC) libyenne a organisé à Tripoli son premier appel d’offres international pour l’exploration pétrolière et gazière depuis 2008. Vingt blocs, terrestres et maritimes, étaient proposés après regroupement d’un dispositif initialement fixé à vingt-deux zones. À l’issue de la procédure, seuls cinq blocs ont trouvé preneur, les quinze autres n’ayant enregistré aucune offre valide ou ayant été déclarés irrecevables.
Quatre zones n’ont fait l’objet que d’une seule proposition. Une seule zone a suscité une concurrence entre deux consortiums. Par ailleurs, deux offres ont été formellement rejetées pour non-conformité. Qui plus est, un incident cartographique est survenu en séance : la zone du bloc 01 a d’abord été affichée à terre avant que le représentant légal ne rectifie sa localisation maritime.
Le bloc 01, situé en mer dans le secteur nord-ouest des eaux libyennes, au large de la Tripolitaine entre la frontière maritime tunisienne et la partie occidentale du golfe de Syrte, a été attribué au consortium formé par Eni North Africa et QatarEnergy. L’offre retenue propose une part maximale de 40 % des bénéfices pétroliers. En outre, le consortium s’est engagé à réaliser 1 000 kilomètres de levés sismiques bidimensionnels supplémentaires et 5 300 kilomètres carrés de levés sismiques tridimensionnels dans le cadre d’un plan de développement étalé sur quatre ans.
Le bloc 07, second périmètre offshore situé dans le golfe de Syrte au large de la côte centre-nord, a été remporté par le consortium associant Repsol, Turkish Petroleum et MOL, groupe hongrois. L’offre comprend une participation de 45 % aux bénéfices pétroliers ainsi qu’un engagement portant sur 2 300 kilomètres carrés de prospection sismique tridimensionnelle supplémentaire.
S’agissant des zones terrestres, le bloc S4, localisé en Cyrénaïque dans le centre-est du pays, a été attribué à la société américaine Chevron. Cette dernière a devancé le consortium constitué de TotalEnergies et ConocoPhillips. L’offre gagnante prévoit une participation de 25 % aux bénéfices pétroliers, 400 kilomètres de réseaux sismiques bidimensionnels et 1 000 kilomètres carrés de réseaux sismiques tridimensionnels supplémentaires, le tout dans le cadre d’un plan de développement sur deux ans.
Le bloc C3, également situé à terre en Cyrénaïque sous le golfe de Syrte, a été attribué au consortium Repsol-Turkish Petroleum. La part bénéficiaire s’élève à 40 % et l’engagement d’exploration porte sur 300 kilomètres carrés de données sismiques tridimensionnelles additionnelles.
Quant au bassin de Murzuq, dans le sud-ouest libyen à la frontière du Niger et de l’Algérie, le bloc terrestre M1 a été octroyé à la société nigériane Aiteo. L’offre initiale présentait une participation de 28 % aux bénéfices pétroliers. Or, en séance publique, le représentant légal de la société a ramené manuellement ce taux à 25 %. Le programme de travaux inclut 600 kilomètres de levés sismiques bidimensionnels et 100 kilomètres carrés de levés sismiques tridimensionnels, pour une durée de deux ans.
Dès lors, le bilan de cet appel d’offres apparaît contrasté. D’une part, seuls cinq blocs sur vingt ont été effectivement attribués. D’autre part, la majorité des zones mises en vente n’ont suscité aucune proposition ou ont vu leurs offres écartées. Par conséquent, la NOC n’a pas renoué avec l’afflux d’investisseurs observé lors des précédentes enchères. Qui plus est, l’éviction de TotalEnergies au profit de Chevron sur le bloc S4 constitue un revers pour le groupe français, pourtant associé à ConocoPhillips. Enfin, la localisation du bloc 01, mitoyen des eaux tunisiennes, place Tunis en situation d’observateur attentif des futures opérations sismiques menées par le consortium italo-qatari.