La 17e chambre correctionnelle près la Cour d’appel de Tunis a rendu un jugement définitif dans l’affaire du décès des nourrissons à l’hôpital de la Rabta, confirmant en grande partie les verdicts prononcés en première instance.
La cour a ainsi confirmé la condamnation de la directrice du service de néonatologie et du responsable de la pharmacie. En revanche, elle a infirmé le jugement de première instance concernant le directeur de la maintenance, qu’elle a cette fois condamné à son tour.
Les trois accusés écopent de huit mois de prison pour chacune des quatorze affaires portées contre eux, ce qui porte la peine cumulée à plus de dix ans d’emprisonnement. Aucun d’entre eux n’a bénéficié de la fusion des peines. La cour a également ordonné le versement d’une indemnisation de 30 000 dinars à chaque famille ayant introduit une demande de réparation.
Maître Toumi Ben Farhat, avocat de plusieurs familles de victimes, a réagi à la décision de la justice, tout en exprimant de sérieuses réserves concernant la responsabilité du pharmacien, qu’il considère comme un « bouc émissaire ».
« Depuis 2017, ce dernier avait officiellement signalé aux autorités de tutelle les défaillances techniques au niveau de la salle blanche – les mêmes défaillances révélées par l’expertise judiciaire », a rappelé l’avocat dans un communiqué.
Selon lui, la véritable responsabilité incombe aux trois ministres de la Santé successifs, qui auraient dû être poursuivis pour négligence et inaction. « C’est ce que j’ai toujours réclamé devant la justice », a-t-il insisté.