Affaire du complot: nouveau report et bras de fer entre le barreau et la justice

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L’audience prévue ce lundi dans le cadre de l’« affaire du complot contre la sûreté de l’État 1 » n’aura finalement pas eu lieu. La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 17 novembre prochain, a annoncé l’avocat Karim Marzouki dans une publication sur sa page Facebook.

Selon lui, le bâtonnier de l’Ordre national des avocats a informé la cour que les avocats de la défense refusaient de déposer tout mandat de représentation, en signe de protestation contre les atteintes aux droits de la défense et les irrégularités relevées dans la procédure.

Dans une autre publication, Me Marzouki a évoqué un dispositif policier inhabituellement massif autour du tribunal, allant jusqu’à empêcher les journalistes, y compris ceux de l’agence TAP, d’accéder à la salle d’audience. Une mesure jugée contraire aux principes de transparence et au droit du public à l’information.

Face à cette situation, le Conseil régional de l’Ordre des avocats de Tunis a appelé les avocats et avocates à se mobiliser lors des prochaines audiences, estimant que le moment exige de défendre le droit de plaider, la liberté d’exercice et l’indépendance de la profession.

Le dossier n°44250, communément appelé « affaire du complot contre la sûreté de l’État 1 », concerne plusieurs figures politiques et avocats connus. Noureddine Bhiri, Ridha Belhaj et Ghazi Chaouachi comparaissent en détention, tandis qu’Ahmed Néjib Chebbi, Ayachi Hammami et Mohamed Aziz Akremi sont poursuivis en liberté.

Ce nouveau report intervient dans un contexte politique et judiciaire tendu. D’un côté, des observateurs et défenseurs des droits dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques ; de l’autre, les autorités insistent sur le caractère strictement judiciaire du dossier.

Au-delà des positions et des discours, cette affaire cristallise un débat de fond sur l’avenir de l’État de droit en Tunisie, sur l’indépendance réelle des institutions et sur la place que la justice occupe – ou non – dans l’équilibre des pouvoirs.

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