Affaire terroriste : le dossier Hamza El Jari examiné par la chambre criminelle

Your browser does not support the audio element.

La chambre d’accusation spécialisée dans les affaires de terrorisme près de la Cour d’appel de Tunis a ordonné le renvoi de Hamza El Jari, ancien dirigeant de l’organisation interdite Ansar al-Charia et affilié à Daech, devant la chambre criminelle spécialisée du tribunal de première instance de Tunis. Il est poursuivi pour appartenance à une organisation terroriste, réception de formations armées, et fourniture d’armes et d’explosifs à des groupes terroristes.

Hamza El Jari avait déjà été condamné par contumace à 30 ans de prison pour adhésion à Daech en dehors du territoire tunisien, formation militaire à l’étranger, et recrutement de jeunes Tunisiens à des fins terroristes. Ces faits s’inscrivent dans le cadre de son allégeance à Daech et de son implication dans des réseaux de recrutement en Tunisie.

Une figure connue des services de sécurité depuis des années

Le ministère de l’Intérieur avait déjà émis une alerte en 2015 concernant El Jari, le considérant comme un individu extrêmement dangereux. Son implication dans des activités terroristes remonte à l’avant-révolution, notamment lors de l’affaire dite des “étudiants de Ben Guerdane” en 2008, dans laquelle il avait été condamné avec d’autres accusés à des peines allant de deux à huit ans de prison.

Après la révolution, Hamza El Jari a fondé l’association « Al-Taawoun Al-Islami » (la coopération islamique), qui servait, selon les enquêtes, de couverture légale pour des financements suspects destinés à des groupes extrémistes. Il aurait facilité le passage clandestin de centaines de jeunes vers la Libye, en vue de leur enrôlement dans des camps d’entraînement jihadistes, puis leur retour ou leur transfert vers d’autres zones de conflit.

Hamza El Jari a été arrêté plusieurs fois après 2011, notamment le 31 décembre 2013 et le 30 mai 2014, mais il a été relâché à chaque fois dans des conditions jugées suspectes malgré les alertes lancées par plusieurs familles de Ben Guerdane, qui le soupçonnaient d’être lié à la disparition de leurs enfants partis en Syrie et en Irak.

En 2016, les forces spéciales libyennes de Sabratha ont arrêté El Jari. Dans une vidéo diffusée après son arrestation, il reconnaît avoir dirigé l’association « Al-Taawoun Al-Islami » et confirmé son activité dans un bureau religieux à Sabratha, aux côtés de plusieurs Tunisiens. Il a également admis avoir reçu des fonds de l’association « Mafateeh Al-Kheir ».

 

Related posts

Histoires d’eau

Une femme condamnée à 8 ans de prison pour trafic d’organes entre la Tunisie et la Türkiye

Intelligence artificielle : 4 000 comédiens français tirent la sonnette d’alarme et réclament un cadre strict