L’administration américaine a étendu début janvier une mesure qui impose aux demandeurs de visas touristiques ou d’affaires de certains pays de fournir une caution financière pouvant atteindre 15 000 dollars. Cette décision, qui porte désormais sur trente-huit nations, concerne en grande majorité des États africains. Par conséquent, l’accès au territoire américain devient financièrement hors de portée pour de nombreux citoyens de ces pays.
Le programme, qui est entré en vigueur le 1er janvier, ajoute sept nouvelles nationalités à une liste préexistante. Le Bhoutan, le Botswana, la République centrafricaine, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Namibie et le Turkménistan sont ainsi soumis à cette obligation. D’autre part, ils rejoignent d’autres pays comme la Mauritanie, Sao Tomé-et-Principe, la Tanzanie, la Gambie, le Malawi et la Zambie, qui y étaient déjà assujettis depuis l’été et l’automne derniers. La liste officielle publiée par le Département d’État américain comprend finalement trente-huit pays, avec une surreprésentation marquée des nations africaines. Qui plus est, cette extension s’inscrit dans une série de mesures plus strictes concernant les procédures de demande de visa.
La caution demandée aux voyageurs est fixée de manière discrétionnaire par les autorités consulaires à 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars. Par ailleurs, son versement, qui s’effectue via la plateforme gouvernementale Pay.gov, n’offre aucune garantie d’obtention du visa. La somme est remboursée uniquement en cas de refus de la demande ou si le titulaire du visa respecte intégralement toutes les conditions imposées. En plus de cette charge financière, les demandeurs doivent se plier à des règles spécifiques, comme l’obligation d’utiliser certains aéroports désignés pour entrer sur le territoire américain et pour en sortir. Les autorités américaines justifient cette politique par la volonté de réduire les cas de dépassement de la durée autorisée du séjour.
Cette politique a des effets immédiats. Pour les ressortissants des pays visés, le coût prohibitif de la caution constitue un obstacle majeur. Par conséquent, des voyages pour le tourisme, les affaires ou les études deviennent pratiquement impossibles pour une grande partie de la population. De plus, cette mesure a déjà provoqué des réactions diplomatiques. Par exemple, le Mali, brièvement listé en octobre dernier, a instauré en réponse une procédure de caution strictement identique pour les citoyens américains souhaitant se rendre chez lui.