L’Institut Zitouna de Sfax, en partenariat avec l’Ordre des ingénieurs de Sfax, a organisé, ce jeudi 29 janvier 2026, un forum régional intitulé « L’agriculture hors sol : un choix stratégique pour la sécurité alimentaire face aux changements climatiques », au siège de l’institut.
Cette rencontre a permis de mettre en lumière les expériences innovantes et les solutions alternatives dans le domaine de l’agriculture hors sol, devenue aujourd’hui un levier incontournable pour faire face au stress hydrique, à la salinité des sols et aux effets du réchauffement climatique.
Parmi les expériences présentées, celle de la société « Al Farha Hicha », implantée dans la région d’El Hicha, gouvernorat de Gabès, a particulièrement retenu l’attention. Exploitant un terrain appartenant à l’État et géré par une entreprise néerlandaise, la société produit exclusivement des tomates cerises destinées à l’exportation.
Selon la directrice de production, Inès Zaïri, interrogée par Réalités Online, l’entreprise produit environ 15 000 tonnes par an sur une superficie de 50 hectares et emploie actuellement près de 1 200 personnes, dont 85 % de femmes rurales. « Il s’agit d’un modèle de développement inclusif, alliant performance économique et impact social », a-t-elle souligné.
Elle a également annoncé que l’effectif devrait atteindre 3 500 employés d’ici 2028, issus de quatre gouvernorats : Sfax, Gabès, Gafsa et Sidi Bouzid.
Dans le même contexte, Zaïri a révélé que l’entreprise est en train de réaliser une station de dessalement d’une capacité de 15 000 m³ par jour, la première du genre en Afrique, afin de sécuriser durablement ses ressources en eau.
De son côté, Kamel Gargouri, enseignant à l’Institut Zitouna, a expliqué que l’agriculture hors sol présente plusieurs avantages majeurs, notamment la maîtrise du climat, le contrôle de la salinité, l’économie d’eau et une durée de production prolongée.
Il a toutefois rappelé que ce type de culture reste fortement consommateur en énergie et en lumière, ce qui impose le recours aux énergies alternatives, notamment dans les régions favorables comme El Hamma, caractérisée par la chaleur de ses eaux souterraines.
Pour sa part, Sana Smaoui, secrétaire générale de l’Ordre des ingénieurs tunisiens à Sfax, a indiqué que la Maison de l’Ingénieur œuvre actuellement à l’intégration de l’agriculture hors sol dans un projet pilote, comprenant l’installation d’une serre climatisée sur le toit de son bâtiment ainsi que dans ses espaces extérieurs.
Elle a insisté sur le caractère stratégique de cette approche, face à la dégradation des sols, à la surexploitation des ressources naturelles et à l’augmentation de la salinité de l’eau.