Le président de l’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur (OTOC), Lotfi Riahi, a tiré la sonnette d’alarme, ce lundi 20 avril 2026, sur la flambée des prix des moutons destinés à l’Aïd al-Adha, estimant qu’ils sont « très élevés » et largement déconnectés du pouvoir d’achat des Tunisiens.
Intervenant dans une émission radio, il a indiqué que les prix observés sur les marchés oscillent actuellement entre 800 et 2 500 dinars, des niveaux jugés « excessifs » dans un contexte économique difficile.
Selon lui, le marché souffre d’un manque de visibilité et de données fiables sur les coûts réels de production de la viande rouge, ce qui favorise la spéculation et alimente des hausses injustifiées. Cette absence de transparence, affirme-t-il, empêche également la mise en place d’un prix de référence équitable capable de réguler le secteur.
Lotfi Riahi a également souligné que le prix du kilogramme de viande d’agneau au niveau des producteurs varie entre 50 et 55 dinars, un niveau qu’il juge difficile à expliquer par les seules charges de production, surtout au regard des informations faisant état d’une disponibilité des aliments pour bétail.
Cette situation, selon lui, accentue le décalage entre les prix à la production et ceux pratiqués au consommateur final, tout en renforçant le climat d’incertitude à l’approche de la période de forte demande.
Le président de l’OTOC a également rappelé que la corrélation traditionnelle entre le coût d’une journée de travail et le prix d’un kilogramme de viande ovine n’est plus d’actualité, en raison de la stagnation des revenus face à la hausse continue des prix.
Face à cette situation, il a appelé les autorités, notamment les ministères de l’Agriculture et du Commerce, à intervenir rapidement pour clarifier les coûts de production, renforcer la transparence du marché et mettre en place des mécanismes de contrôle plus efficaces, afin de rétablir un certain équilibre entre producteurs et consommateurs avant l’Aïd.