Le système universitaire tunisien affiche une légère progression pour l’année académique 2025-2026, avec 76 128 admissions, soit 1 801 étudiants de plus que l’an dernier. Ce chiffre, révélé par le ministre de l’Enseignement supérieur Mondher Belaid lors des Journées nationales d’orientation à la Cité des Sciences de Tunis, confirme une tendance haussière généralisée, à l’exception notable des filières d’économie et de gestion.
Un paysage universitaire en mutation
Avec 360 mille étudiants inscrits contre seulement 102 mille en 1995, le secteur a connu une expansion remarquable. Les universités de Tunis, Sfax, Sousse et Carthage concentrent l’essentiel de ces effectifs. Un phénomène marquant persiste : les femmes représentent 67% des diplômés, bien que leur insertion professionnelle reste problématique.
La Tunisie maintient son rang dans les classements internationaux. L’Université Tunis El Manar se distingue particulièrement, occupant la 301e place en commerce-économie et la 574e au classement QS Développement durable. Au total, 11 établissements tunisiens figurent dans les palmarès régionaux et mondiaux.
Malgré ces indicateurs positifs, le système peine à concilier formation et emploi. Le taux de chômage des jeunes diplômés, particulièrement élevé chez les femmes, interroge l’adéquation entre les formations et les besoins du marché.
Autre inquiétude : la désaffection pour les mathématiques au secondaire, que le gouvernement tente d’enrayer via un plan conjoint avec le ministère de l’Éducation. Cette discipline-clé pour l’innovation nationale enregistre une baisse préoccupante des inscriptions.
L’orientation, locomotive des priorités
Les Journées nationales d’orientation, avec leurs 130 mille à 140 mille bacheliers potentiels annuels, visent justement à mieux préparer les choix cruciaux. Stands universitaires, entretiens individuels et conférences professionnelles composent ce dispositif d’accompagnement.
La maîtrise des langues, autre enjeu stratégique, montre des résultats mitigés : la Tunisie se classe 66e mondial et 7e africain au dernier indice EF d’anglais, avec un score moyen de 496.
Si le système éducatif tunisien conserve sa place de leader régional, son véritable défi réside désormais dans sa capacité à transformer l’excellence académique en opportunités économiques concrètes. Les prochaines réformes devront impérativement combler ce fossé pour répondre aux aspirations d’une jeunesse toujours plus nombreuse et diplômée.
Bilan de l’enseignement supérieur: Hausse des admissions mais des difficultés d’insertion subsistent
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