La huitième édition du Forum maritime international se tiendra le 12 septembre à Bizerte. Cet événement, organisé par La Saison Bleue, placera la Méditerranée sous les projecteurs avec une question centrale : où en est-elle aujourd’hui ? Le forum réunira donc des institutions, des universitaires et des associations pour discuter de l’avenir de cette mer tout en cherchant des solutions pour la préserver.
La situation est en effet alarmante. Le bassin méditerranéen reçoit ainsi chaque année environ 229 000 tonnes de déchets plastiques. Ce flux massif de pollution pourrait même doubler d’ici 2040, atteignant près de 500 000 tonnes, si aucune mesure concrète n’est adoptée rapidement. Cette contamination provient principalement des activités terrestres et d’une gestion inadéquate des déchets dans les pays riverains.
Les conséquences de cette pollution sont déjà visibles et dévastatrices pour la vie marine. Chaque année, on estime que 135 000 mammifères marins et un million d’oiseaux meurent après avoir ingéré du plastique. De plus, des études montrent que 90 % des oiseaux marins et la totalité des tortues de Méditerranée ont des microparticules de plastique dans leur organisme. Cette hécatombe silencieuse menace l’équilibre écologique entier de la région.
Face à ce constat, des actions ciblées peuvent inverser la tendance. L’adoption de normes internationales dans seulement 100 villes côtières de la région pourrait réduire le volume de pollution plastique de 50 000 tonnes par an. Par ailleurs, l’interdiction des sacs plastique à usage unique est une autre piste efficace, pouvant éviter le rejet de 50 000 tonnes supplémentaires de déchets. Ces efforts, bien que significatifs, nécessitent une volonté politique forte et une coopération internationale sans faille pour être généralisés et appliqués.
Le forum de Bizerte accordera donc une attention particulière au développement de l’économie bleue et à la préservation de la biodiversité marine. L’objectif est de construire un avenir où la mer n’est plus perçue comme une ressource à exploiter sans limite, mais comme un écosystème fragile à protéger. Les discussions s’inscriront dans la continuité des engagements pris lors du Sommet de l’Océan à Nice, afin de garantir une Méditerranée plus propre, plus sûre et plus durable pour les générations futures.