L’amabilité de la présidence allemande parvient à obtenir la libération de Boualem Sansal refusée au pouvoir français pour une part judaïsé. Il s’agit là d’un procès de judaïsation européo-américain inauguré par Hannah Arendt depuis son échappée aux camps de concentration. Maintenant ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, lugubre et sinistre corbeau, n’avait cessé d’exiger, avec arrogance et brutalité, cette libération de l’opposant prisonnier. Quel moustique piquait Retailleau, ce pire des salauds ? Islamophobe, anti-palestinien et pro-israélien, le sordide crétin savait fort bien que son insolence ne pouvait inciter Alger à libérer l’incarcéré. Ce coup, raté, s’il avait réussi, aurait atteint le soutien algérien à Gaza. Tout langage charrie un métalangage. Cynique, machiavélique, le subterfuge de Retailleau, ce corbeau, continue l’affaire des bipers et des autres pistes fréquentées par les criminels de guerre sionistes. A la différence du contentieux colonial de la France, l’Allemagne entretient une relation sereine avec l’Algérie. Tebboune fut soigné jadis, de la Covid à l’hôpital berlinois de la « Charité ».
Maintenant, l’avion de chasse allemand ramène Boualem Sansal à l’hôpital militaire de Berlin pour des soins.
Sa fille dit n’avoir jamais désespéré de le voir libéré. Il est embrassé par elle et les autres membres de la famille venus l’accueillir à Berlin, n’en déplaise à Retailleau et aux Français à juste titre dédaignés. Boualem Sansal, écrivain renommé, demeure lu et apprécié dans le monde entier. L’Algérie n’a jamais manqué d’intellectuels chevronnés dont plusieurs entretinrent des liens de recherche en commun avec leurs collègues tunisiens. Parmi eux, figure l’économiste et anthropologue Abdellatif Benachenhou très proche de Samir Amine en matière d’investigation pratique et de conviction théorique. Entre autres activités, il assura la fonction de ministre des Finances. Samir Amine, théoricien de l’échange inégal et bête noire de l’impérialisme américain, attire, derrière lui, les agents de la CIA là où il va. Ces chiens de garde, cultivés, triés sur le volet, excellaient dans l’art d’espionner les penseurs de qualité. Sans jamais se départir de sa morgue, de son ironie et, parfois, de son mépris des sionistes abrutis, Samir Amine, directeur de l’”Institut africain de Développement économique et de Planification” des Nations unies intéressait tout particulièrement ces chenapans. A Dakar où j’assistais à sa conférence avec Alia Chouikha, il nous les montrait. Son alter ego algérien fut Abdellatif Benachenhou.
Celui-ci, dans son œuvre titrée « Líaccumulation primitive inachevÈe ª, il écrit : « Nos sources sont les travaux de R. Dumont, J.P Judet, Khalil Zamiti ª. Les écrits d’Abdellatif Benachenhou illustrent les échanges poursuivis entre la Tunisie et l’Algérie. Voilà pourquoi, aujourd’hui, cette libération de Boualem Sansal nous réjouit. Pour l’essentiel, et d’abord, fin littéraire, Boualem, lim3allem, outrepasse, néanmoins, les frontières disciplinaires. Tunis, Alger, Dakar et Paris, entre autres, réunis par les collègues unis.
En 397-426, Augustin d’Hippone écrivait dans son ouvrage « De la doctrine chrétienne » : « Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas níen lisent quíune page ª. Dans son livre « Un juif pas très catholique », Alexandre Minkowski justifie, à son insu, la pluridimensionnalité de Boualem. Il fustige la spécialisation séparée, par orgueil, et de manière outrancière, de la réalité sociale globale : « Pas un mot sur la psychologie, la psychiatrie, líethnologie, la sociologie, líÈconomie de la santÈ, bref, sur tout ce qui va composer rÈellement son environnement futur ».
Médecin mais intéressé au champ politique, Minkowski adresse pareil reproche aux médecins limités à leur spécialité.
114