Lundi 3 août, la scène du Centre culturel international de Hammamet a accueilli, pour la première fois, Bouthaina Nabouli dans le cadre de la 60ᵉ édition du Festival international de Hammamet. La jeune artiste tunisienne est venue présenter son tout premier spectacle, preuve de l’attente qu’elle suscite. La soirée affichait complet quelques jours seulement après l’ouverture de la billetterie, signe d’un public déjà conquis : une belle occasion de découvrir une voix qui sort vraiment du lot.
Son parcours s’est construit petit à petit, avec patience et sans précipitation. Le projet « Benboo », mené avec Benjemy, l’a conduite sur des scènes à l’étranger. On a également entendu sa voix sur des génériques de séries, comme celui du feuilleton ramadanesque « Ashab Ardh », ou encore sur le générique tunisien « El Qalb Ekhtar », qui compte parmi ses interprétations les plus appréciées. Sa première grande apparition en Tunisie est ensuite venue avec le premier rôle de la comédie musicale « Nawbet Gharam », de Mohamed Ali Kammoun et Syrine Chekili. Depuis, elle poursuit son chemin, de réussite en réussite.
Ce soir-là, elle présentait « Doulicha ». Fidèle à son nom, l’album se vit comme une promenade musicale, un doux voyage entre mémoire et création, où chaque chanson devient une étape, un souvenir, une émotion. Car « Doulicha » n’est pas un album comme les autres : c’est une musique qui touche droit au cœur, familière à l’oreille et pleine de sincérité, où chaque morceau semble parler à l’âme.
Pour son tout premier concert en solo, sous son propre nom, Bouthaina Nabouli vivait un moment particulier. On la sentait émue, heureuse et pleine d’énergie : pour elle, c’était un rêve longtemps porté qui devenait enfin réalité. Cette émotion sincère et communicative a tout de suite touché le public.
Sur scène, l’artiste a mêlé ses propres compositions à des reprises revisitées. Elle a ouvert la soirée avec « Tes7er 3inik ». Pendant une heure et demie, sans la moindre pause, elle a enchaîné les morceaux avec une aisance hors du commun, dans une ambiance légère, portée par une alternance à la fois rapide et fluide.
Une véritable alchimie se dégageait entre l’artiste et les musiciens, qui se répondaient chacun à leur tour dans un bel esprit de partage et de communion. À leur tête, Kais Melliti, véritable maestro de la soirée, a apporté une réelle valeur ajoutée à l’ensemble. « Je vous ai pris dans ma Doulicha à moi », confiait Bouthaina Nabouli, heureuse d’emmener le public dans son univers.
La soirée a aussi été marquée par de nouveaux arrangements de chansons du répertoire du mezoued, comme « El Warda Li Nahki Aliha » et « Erdha Alina Ya Lommima ». Elle a également rendu un hommage émouvant au regretté Salah Farzit. L’artiste a ensuite clôturé son concert avec « Zaynou Bel 7enna », sur une dernière note pleine de chaleur.
Les textes de « Doulicha » ont été écrits par Sirine Chekili, qui confiait avoir tout de suite senti chez Bouthaina quelque chose de particulier. « Bouthaina ne chante pas les mots : elle reste fidèle aux émotions qu’elle porte en elle. C’est cela qui fait toute sa différence », déclarait-elle.
L’artiste a par ailleurs annoncé un projet à venir qui la réunira avec Sirine Chekili et le compositeur Amine Bouhafa. Un trio prometteur, dont la collaboration s’annonce riche et pleine de belles promesses.
Sur la scène de Hammamet, Bouthaina Nabouli a confirmé l’essentiel : elle est une voix dont on se souviendra longtemps. Une artiste qui construit son succès pas à pas et que le public reconnaît déjà comme une véritable artiste. Car derrière cette réussite, il y a bien plus qu’un joli timbre : un vrai travail, une recherche constante et une grande exigence. Une voix, une présence, un charisme. On découvre une artiste engagée, portée par un style bien à elle, qui attire, qui touche et qui laisse une trace. Avec cette première réussie, Hammamet a sans doute rencontré l’une des voix qui compteront demain.
Khouloud Azzabi