Les cours du pétrole ont fortement chuté mercredi après l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran. Cet accord est intervenu juste avant l’expiration de l’ultimatum de Donald Trump qui menaçait de détruire la République islamique. En vertu de cet arrangement, Washington va interrompre les attaques sur l’Iran durant quinze jours. Par ailleurs, Téhéran va rouvrir temporairement le détroit d’Ormuz en contrepartie. Pour faire pression sur les Américains, l’Iran avait orchestré la quasi-paralysie de ce passage stratégique. À titre de rappel, environ 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitent habituellement par ce détroit.
Vers 10h30 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, a perdu 13,93% pour s’établir à 94,05 dollars. D’autre part, son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate pour livraison en mai, a chuté de 16,27% à 94,57 dollars. En sus de ces chiffres, un analyste chez PVM a expliqué que les 10 à 13 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers qui étaient bloqués devraient désormais être progressivement libérés. Par conséquent, l’espoir d’une reprise progressive de la navigation par le détroit d’Ormuz constitue le principal moteur de cette baisse des cours.
Cependant, malgré ce reflux, les cours restent nettement plus élevés qu’avant le début de la guerre au Moyen-Orient survenue le 28 février. Qui plus est, le marché demeure prudent. Des analystes de DNB Carnegie estiment en effet qu’il existe plusieurs points de friction sur lesquels il sera difficile de trouver un terrain d’entente lorsque les parties commenceront à négocier un accord de paix permanent. À cela s’ajoute une précision importante : certaines déclarations laissent entendre que seulement 10 à 15 navires par jour pourront traverser le détroit d’Ormuz pendant les négociations au cours des deux prochaines semaines, ce qui représente environ 10% des flux habituels. Par ailleurs, le vice-président américain JD Vance a qualifié mercredi ce cessez-le-feu de fragile. Il a ajouté que si les Iraniens ne négociaient pas de bonne foi, ils allaient découvrir que le président américain n’est pas quelqu’un avec qui l’on plaisante. En plus de ces déclarations, les Émirats arabes unis et le Koweït ont signalé de nouvelles attaques iraniennes mercredi. Un analyste chez Global Risk Management a précisé que ces incidents ne sont pas nécessairement interprétés par le marché comme une rupture du cessez-le-feu, mais qu’ils peuvent toutefois refléter un manque de coordination au sein de l’armée iranienne. D’autre part, le prix du gaz a également fortement baissé en réaction à l’annonce de cet accord. Le contrat à terme TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, a plongé de 14,55% à 45,50 euros.