Changements climatiques : La Tunisie face à des étés de plus en plus chauds

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L’Afrique sera la plus durement touchée par les changements climatiques, mais c’est elle qui a le moins contribué à provoquer ces changements. L’Afrique du Nord connaît un réchauffement climatique accéléré, avec des températures estivales qui devraient dépasser 46°C d’ici 2050. Au même moment, la sous-région risque de devenir une destination pour les réfugiés climatiques, dont les effectifs mondiaux sont estimés à 700 millions d’ici 2030 et 1,2 milliard d’ici 2050, ont averti les experts lors de la rencontre, selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).
Quid de la Tunisie?
L’été 2025 restera dans les annales météorologiques tunisiennes comme l’un des plus chauds enregistrés depuis 1950. Selon le récent rapport de l’Institut National de la Météorologie (INM), la saison estivale se classe au neuvième rang des étés les plus torrides depuis soixante-quinze ans. La température moyenne a atteint 28,8 degrés, surpassant la normale de 1,2 degré. Cette vague de chaleur persistante a concerné l’ensemble du territoire, avec une intensité particulière dans les régions du Sud et du Sud-Ouest.
Le bilan pluviométrique révèle une situation hydrique critique. Le cumul saisonnier des précipitations n’a atteint que 411,7 millimètres sur l’ensemble des 26 stations météorologiques du pays, alors que la moyenne normale s’établit à 678,9 millimètres. Ce chiffre confirme un déficit national de 40%, accentuant les inquiétudes sur les ressources en eau. Le Sud du pays a particulièrement souffert, avec une absence quasi-totale de pluies et un déficit atteignant 80% lors du mois de juin.
La répartition mensuelle montre cependant des disparités régionales significatives. Juin a enregistré un déficit prononcé, notamment au Centre et au Sud. Le Nord a reçu 78,8 millimètres de pluie, soit seulement 58% de sa moyenne habituelle. Le Centre n’a collecté que 3,2 millimètres, une quantité dérisoire. Juillet a apporté un répit relatif avec un excédent de 83,9 millimètres dans le Nord, représentant 147% de la normale. Le Centre est revenu à des niveaux proches de la moyenne avec 45,6 millimètres. Août a marqué un retour à la sécheresse avec un déficit généralisé sur l’ensemble du territoire.
Des températures en hausse constante
L’analyse thermique démontre une augmentation uniforme sur l’ensemble du pays. Les températures maximales ont atteint 35,3 degrés, dépassant la normale de 1,2 degré. Les minimales ont suivi la même tendance, affichant 22,3 degrés pour un écart identique de +1,2 degré par rapport aux références saisonnières. Cette hausse généralisée a entraîné des conditions caniculaires prolongées, avec des conséquences visibles sur l’agriculture, la consommation énergétique et la santé publique.
Le panorama climatique de l’été 2025 s’inscrit dans une tendance lourde du réchauffement observé en Tunisie. La répétition d’étés exceptionnellement chauds et secs interroge sur l’adaptation nécessaire des politiques hydriques et agricoles. Les données recueillies par l’INM constituent des indicateurs précieux pour anticiper les évolutions futures et préparer la société tunisienne aux défis climatiques à venir.

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