La Tunisie a enregistré un net recul de son excédent commercial alimentaire durant les six premiers mois de l’année 2025, passant de 1833,9 millions de dinars (MD) à 824,1 MD par rapport à la même période en 2024. Cette diminution s’est traduite par une baisse du taux de couverture, tombé à 125 % contre 154,5 % un an plus tôt.
Selon les données fournies par l’ONAGRI, repli s’explique essentiellement par une contraction des exportations alimentaires, en baisse de 20,7 %, bien plus marquée que celle des importations, qui n’ont reculé que de 2 %. Les exportations d’huile d’olive, de dattes et de produits de la mer ont été particulièrement affectées, chutant respectivement de 31,1 %, 13,3 % et 17 %. La baisse des ventes d’huile d’olive s’est accompagnée d’une forte dépréciation de son prix moyen, qui a atteint 12,85 dinars le kilo, soit une diminution de 52,4 % par rapport à 2024.
Malgré tout, les importations de certaines denrées ont connu un fléchissement notable. C’est le cas des céréales (-13,5 %), du sucre (-40,3 %) et des huiles végétales (-26,7 %). Toutefois, cette tendance n’a pas suffi à compenser la chute des exportations.
Du côté des prix, les évolutions sont contrastées. À l’importation, les cours du blé dur et du blé tendre ont reculé de 18,2 % et 1,4 % respectivement, tandis que ceux de l’orge et du maïs ont progressé de 5,8 % et 8,7 %. Le prix du sucre a diminué de 28,6 %, alors que les huiles végétales et les produits laitiers ont vu leurs prix augmenter de 19,5 % et 15,6 %. À l’exportation, les prix ont reculé pour l’huile d’olive (-52,4 %) et les tomates (-20,3 %), mais se sont légèrement appréciés pour les produits de la pêche (+0,4 %), les dattes (+1,9 %) et les agrumes (+23,3 %).
Parallèlement, la balance commerciale globale du pays a continué de se creuser. Le déficit a atteint 9900,5 MD à la fin juin 2025, en hausse de 23,5 % par rapport à l’année précédente. Cette évolution est due à une progression des importations, qui ont totalisé 41.674,2 MD, en hausse de 4,3 %, tandis que les exportations ont légèrement reculé de 0,6 %, à 31.773,7 MD.
Les produits énergétiques, les matières premières et les demi-produits ont représenté ensemble plus de la moitié (50,1 %) des achats extérieurs du pays. Les importations alimentaires, quant à elles, ont compté pour 7,9 % du total, contre une part de 13 % pour les exportations alimentaires.
Bien que diminué, l’excédent enregistré au niveau de la balance commerciale alimentaire a permis d’atténuer légèrement le déficit global, contribuant à son allègement à hauteur de 8,3 %.