Une habitante du quartier Jaraa, à Gabes-ville, a livré dans la soirée d’hier samedi 11 octobre un témoignage émouvant sur l’usage massif de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre lors des manifestations. Selon elle, les agents ont « frappé au gaz » à proximité immédiate de leur porte : « Nous supplions la police d’arrêter de lancer du gaz lacrymogène et de frapper. Ils ont tapé juste devant notre maison. Ma fille criait qu’elle allait mourir, je suis sortie pieds nus en appelant : “S’il vous plaît, arrêtez, ma fille est malade !” ».
Elle a ajouté que les habitants étaient enfermés chez eux et non en train de manifester : « Nous sommes chez nous, nous sommes barricadés dans nos maisons — ne dites pas que nous manifestons ! ». Elle accuse par ailleurs certains agents d’avoir aggravé la situation en augmentant les gaz alors qu’ils se trouvaient à quelques mètres des résidents.